Des responsables de la droite au pouvoir et de l’opposition travailliste ont écarté mardi jusqu’à nouvel ordre l’éventualité d’un gouvernement d’union nationale. «Il ne pourra pas y avoir de cabinet d’union nationale en Israël sans un retrait préalable de nos troupes en Cisjordanie», a estimé à la radio israélienne le ministre de la Science Silvan Shalom. Il a ainsi fait allusion à de récents entretiens secrets entre le premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef de l’opposition travailliste Ehud Barak. «Lorsque le chef du gouvernement invite le chef de l’opposition à un tête-à-tête, ce dernier ne peut pas s’y soustraire, et la discussion doit forcément rester secrète», a de son côté indiqué également à la radio israélienne le député travailliste Benjamin Ben Eliezer. «La création d’un gouvernement d’union nationale entre la droite et le Parti travailliste ne pourra toutefois intervenir qu’après un prochain retrait militaire (israélien) en Cisjordanie, et après la mise au point d’un programme commun de gouvernement», a poursuivi M. Ben Eliezer. Egalement interrogée à la radio, une dirigeante travailliste, Mme Dalia Yitzik, a estimé que «les chances de former un cabinet d’union nationale sont quasiment nulles, car Netanyahu reste le même. Il est désemparé à cause de ses alliés de la droite nationaliste qui menacent de le faire chuter s’il ordonne un retrait (en Cisjordanie) et utilise le système des fuites de presse organisées». Selon les médias israéliens, les entretiens Netanyahu-Barak, censés rester secrets, se sont déroulés au quartier général du Mossad, le service de renseignements, dans la région de Tel-Aviv. Echanges de vues M. Barak s’est par ailleurs entretenu avec l’ex-premier ministre travailliste Shimon Pérès pour lui demander de ne pas se mêler des éventuels efforts en vue d’un cabinet d’union nationale, a indiqué mardi le quotidien «Haaretz». Toujours selon le journal, M. Pérès a encouragé M. Barak à œuvrer non pas à un tel cabinet, mais à la tenue «le plus tôt possible» d’élections anticipées. Selon «Haaretz», MM. Netanyahu et Barak sont convenus qu’en cas de constitution de gouvernement d’union nationale, le numéro un travailliste se verrait attribuer le portefeuille de la Défense, actuellement détenu par M. Yitzhak Mordehaï, qui pourrait en échange obtenir le Trésor. Le quotidien «Maariv» indique de son côté que M. Netanyahu a promis sept postes ministériels au Parti travailliste sur un total prévu de 25 au gouvernement. La présidence du Conseil à Jérusalem a confirmé les rencontres Netanyahu-Barak, en soulignant qu’il s’agissait de simples «échanges de vues» sans en préciser le lieu. Le Parlement israélien a adopté le 29 juillet en lecture préliminaire une proposition de loi d’auto-dissolution présentée par l’opposition de gauche. Pour avoir valeur de loi, ce texte doit encore être entériné à la majorité absolue à la rentrée parlementaire en octobre, en première, seconde et troisième lecture. Les prochaines élections israéliennes sont prévues à la fin de la législature en principe en l’an 2.000 (AFP)
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