Pratiquement absent du débat général sur le dopage, le cyclisme espagnol est parti en guerre contre la France, accusée d’avoir réservé un traitement policier et judiciaire «indigne» à ses coureurs pendant les scandales qui ont émaillé le dernier Tour de France. Alors que l’équipe ONCE, dont le médecin Nicolas Terrados a été mis en examen vendredi à Lille, s’apprête à boycotter les trois courses françaises auxquelles elle devait participer d’ici à la fin de la saison, la Fédération espagnole de cyclisme a annoncé qu’elle boycotterait pour sa part la Grande Boucle féminine, du 11 au 20 août. La Fédération entend ainsi donner une «preuve de solidarité» aux coureurs espagnols «face à la crainte que se répètent des incidents extra sportifs similaires, qui ne font que contribuer à détériorer injustement l’image du cyclisme», a-t-elle affirmé dans un communiqué. Les organisateurs du Tour d’Espagne envisagent sérieusement, de leur côté, de modifier le parcours de la Vuelta pour éviter une incursion de 85 kilomètres initialement prévue dans le sud de la France lors de la treizième étape, le 18 septembre. On apprend toutefois de bonne source que cette mesure serait moins destinée à protester contre la France qu’à répondre aux préoccupations des équipes cyclistes, qui redoutent que ce bref passage par l’Hexagone ne serve de prétexte aux autorités françaises pour se livrer à une nouvelle série de perquisitions et d’arrestations. Les quatre équipes espagnoles (ONCE, Banesto, Kelme et Vitalicio Seguros) s’étaient retirées en bloc du Tour de France la semaine dernière après une série de perquisitions et de gardes à vue menées par les policiers français contre la ONCE. La colère de Manolo Saiz Fortes de l’appui de la presse sportive, dont les commentaires ont frisé parfois la francophobie, ces équipes ont contribué à focaliser l’attention de l’opinion publique sur les interventions de la police française plutôt que sur le problème du dopage en soi. «L’équipe ONCE n’a pas employé, n’emploie pas et n’emploiera jamais le dopage», a assuré le président du groupe sportif, José Maria Arroyo, en annonçant qu’il allait «étudier des actions légales contre l’organisation du Tour, contre ceux qui nous ont condamnés à l’avance et sans preuves, contre ceux qui ont porté atteinte à nos cyclistes». «On nous a comparés à des narcotrafiquants, on nous a humiliés et fouillés à cause d’une législation absurde. On a privé le docteur Terrados de ses droits humains les plus élémentaires», a-t-il ajouté. Au cours d’une conférence de presse, lundi, le directeur sportif de la ONCE, Manolo Saiz, s’est livré à une attaque personnelle déchaînée et à une série d’insultes contre le directeur du Tour, Jean-Marie Leblanc. La violence de la réaction de la ONCE a cependant laissé sceptique un certain nombre de commentateurs, qui soupçonnent l’équipe d’avoir voulu dissimuler un échec sportif lors du tour de France et d’avoir fait pression sur les trois autres équipes espagnoles pour qu’elles se joignent au boycottage de la course.
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