L'Espagne sous la menace d'un nouveau désastre écologique
le 05 août 1998 à 00h00
L’Espagne, qui se remet difficilement du pire désastre écologique de son histoire, risque une nouvelle catastrophe si la classe politique ne cesse de se diviser sur la mise en œuvre de l’opération de nettoyage du parc national de Donana, a affirmé lundi une organisation écologiste. Une couche de boue toxique qui s’est répandue le long d’un fleuve andalou après la rupture d’un réservoir minier en avril dernier pourrait atteindre dès l’automne le parc Donana, l’une des plus grandes réserves naturelles d’Europe, si rien n’était fait. Selon Laurence Rose, président des programmes européens de la Société royale de protection des oiseaux, les querelles administratives et politiques concernant l’élimination des résidus toxiques pourraient conduire à une plus grande catastrophe encore. Des inondations prévues en octobre dans les terrains marécageux du sud de l’Espagne pourraient en effet accentuer l’éparpillement des produits dangereux et en faire un désastre à l’échelon européen. «Nous prions pour qu’il n’y ait pas de fortes pluies avant que l’hiver ne soit bien avancé», a dit Laurence Rose à la presse londonienne. Les désaccords entre les pouvoirs locaux et nationaux ont même conduit au gel de l’aide européenne pour le nettoyage des boues polluées. La Commission de Bruxelles offre jusqu’à 40 millions d’écus (44,56 millions de dollars) en deux versements si les autorités se mettent d’accord sur un projet viable. Les roseaux et la végétation ont absorbé les résidus métalliques et risquent d’empoisonner des milliers d’oiseaux européens qui se posent dans les marécages espagnols au moment de leur migration vers le sud, en hiver, a expliqué Juan Criado, porte-parole du mouvement de protection des oiseaux SEO/Birdlife. Un réservoir de la mine de pyrite d’Aznacollar, située à l’ouest de Séville, s’est rompu en avril, déversant cinq millions de mètres cubes de boues polluées dans le fleuve Guadiamar. Des digues bâties à la hâte ont permis d’éviter que les boues n’atteignent le fleuve Guadalquivir, mais les résidus d’argent, de zinc et de plomb ont déjà fait des ravages dans une partie du parc Donana. Selon les écologistes, 100 jours après l’accident, seules 20% des boues ont été nettoyées. (Reuters)
L’Espagne, qui se remet difficilement du pire désastre écologique de son histoire, risque une nouvelle catastrophe si la classe politique ne cesse de se diviser sur la mise en œuvre de l’opération de nettoyage du parc national de Donana, a affirmé lundi une organisation écologiste. Une couche de boue toxique qui s’est répandue le long d’un fleuve andalou après la rupture d’un réservoir minier en avril dernier pourrait atteindre dès l’automne le parc Donana, l’une des plus grandes réserves naturelles d’Europe, si rien n’était fait. Selon Laurence Rose, président des programmes européens de la Société royale de protection des oiseaux, les querelles administratives et politiques concernant l’élimination des résidus toxiques pourraient conduire à une plus grande catastrophe encore. Des inondations...
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