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Actualités - Chronologie

Vent de liberté sur la presse nigériane

Un vent de liberté commence à souffler sur la presse du Nigeria depuis l’arrivée au pouvoir, le 9 juin, du général Abdulsalam Abubakar qui a succédé au général Sani Abacha, mort officiellement d’une crise cardiaque. Depuis cette date sept journalistes ont été relâchés. Deux autres Nosa Igiebor, rédacteur en chef de l’hebdomadaire «Tell», et Bayo Onanuga, rédacteur en chef de l’hebdomadaire «The News», activement recherchés par les services de sécurité du général Sani Abacha, sont de retour aux pays après un exil aux Etats-Unis. Huit journalistes sont cependant toujours détenus. A l’exception de Niran Malaolu, rédacteur en chef du quotidien «The Diet», qui purge une peine d’emprisonnement de 15 ans pour participation à une tentative de coup d’Etat contre Abacha, en décembre 1997, les sept autres ont été arrêtés pour faits de presse. Détenus depuis plusieurs mois, ils n’ont été ni inculpés, ni jugés et l’association des journalistes nigérians (NUJ) a demandé leur libération immédiate. Le Nigeria, réputé depuis longtemps pour sa presse florissante, compte 35 quotidiens et 19 hebdomadaires, dont deux seulement gouvernementaux. Durant le règne d’Abacha, de novembre 1993 à juin 1998, la presse écrite a traversé des moments très difficiles. Abacha ne tolérait pas les critiques et a multiplié les décrets visant à museler la presse. Il a suspendu ponctuellement la publication de plusieurs journaux et fait arrêter régulièrement leurs rédacteurs. Aujourd’hui encore, le décret numéro 43, publié dès 1993, oblige les journaux à se réenregistrer chaque année. Les autorités peuvent rejeter la demande d’un journal sans fournir d’explication. Pour la NUJ, seule l’abolition de ce décret prouvera que le général Abubakar est sincère dans sa détermination à restaurer un régime démocratique et une presse libre. Selon Edetaen Ojo, directeur de l’organisation de défense de la liberté de la presse Media Rights Agenda, «s’il veut être pris au sérieux, Abubakar devra effectuer des changements fondamentaux. Toutes les lois répressives à l’égard des médias devraient être revues ou abolies. Et nous devrions obtenir des garanties légales pour la liberté de la presse». Abubakar a promis le 20 juillet que les militaires remettraient le pouvoir en mai prochain. JACON, le Comité d’action unie pour le Nigeria, l’une des coalitions de l’opposition, a demandé l’abolition du décret numéro 2. Ce décret autorise les détentions de longue durée sans que le prévenu comparaisse devant un tribunal et le comité estime qu’il contribue à faire taire la presse. Malgré le maintien de ces décrets jugés répressifs à l’égard de la presse par les organisations de défense des droits de l’homme, le régime du général Abubakar, pour le moment, n’a pas inquiété les journalistes. (AFP)
Un vent de liberté commence à souffler sur la presse du Nigeria depuis l’arrivée au pouvoir, le 9 juin, du général Abdulsalam Abubakar qui a succédé au général Sani Abacha, mort officiellement d’une crise cardiaque. Depuis cette date sept journalistes ont été relâchés. Deux autres Nosa Igiebor, rédacteur en chef de l’hebdomadaire «Tell», et Bayo Onanuga, rédacteur en chef de l’hebdomadaire «The News», activement recherchés par les services de sécurité du général Sani Abacha, sont de retour aux pays après un exil aux Etats-Unis. Huit journalistes sont cependant toujours détenus. A l’exception de Niran Malaolu, rédacteur en chef du quotidien «The Diet», qui purge une peine d’emprisonnement de 15 ans pour participation à une tentative de coup d’Etat contre Abacha, en décembre 1997, les sept...