Le Haut Commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR) tente de venir en aide à des milliers de civils qui ont fui la région de Malisevo, un bastion des séparatistes albanais dont la police serbe a repris le contrôle au début de cette semaine. Une équipe du HCR est parvenue, pour la première fois depuis une vaste offensive serbe dans le centre du Kosovo, à entrer en contact avec un groupe de personnes déplacées venues de la région de Malisevo. Elle a découvert près d’un village un groupe d’environ 500 civils qui avaient fui et vivaient dans la forêt, selon un porte-parole. Les autorités locales albanaises déclarent que des dizaines de milliers de civils ont quitté le secteur de Malisevo et se sont réfugiés dans les forêts environnantes. Le HCR estimait jeudi que le nombre des personnes déplacées au Kosovo, évalué à 100.000 lundi, avait pu grossir de «plus de 10.000». «L’une de nos équipes a trouvé, près du village de Crnovrano, à l’ouest de Malisevo, un groupe d’environ 500 personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, qui avaient déjà passé quatre jours livrées à elles-mêmes dans la forêt», a déclaré Maki Shinohara, porte-parole du HCR à Pristina, chef-lieu du Kosovo. Des villages entiers se sont vidés de leur population après une série de défaites militaires infligées depuis samedi par les forces serbes aux rebelles albanais de l’Armée de Libération du Kosovo (UCK), qui combat pour l’indépendance de la province. Malisevo, l’une des places fortes des rebelles albanais, est tombée mardi aux mains de la police après que les combattants albanais l’eurent évacuée sans combattre dans la localité même. Des combats ont en revanche eu lieu aux abords de la ville. «Les civils que nous avons vu n’ont pas d’eau et très peu de nourriture», a ajouté la porte-parole du HCR. «Il y a parmi eux au moins cinq nouveau-nés. Leur situation est très grave. Ils dorment au pied des arbres. Nous n’avons vu aucun homme armé parmi eux. Ils sont effrayés», a-t-elle dit. «Nous estimons qu’il doit y en avoir beaucoup d’autres dans les bois. Nous allons tenter de leur envoyer un convoi d’aide chargé d’articles de première nécessité aussi vite que possible», a-t-elle ajouté. Jeudi, Maki Shinohar avait déclaré que le HCR craignait une «catastrophe humanitaire» dans le centre du Kosovo. Une délégation de la «troïka» de l’Union européenne (Autriche, Allemagne, Grande-Bretagne) a reçu du président yougoslave Slobodan Milosevic, lors d’un entretien jeudi à Belgrade, l’assurance que l’offensive des forces serbes au Kosovo s’était arrêtée. Toutefois, dans un communiqué publié après la rencontre, M. Milosevic a réitéré la détermination des autorités de Belgrade à «éradiquer toute violence» des séparatistes armés albanais au Kosovo. Et le président en exercice de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), le Polonais Bronislaw Geremek, a estimé que la crise au Kosovo était entrée «dans une phase aux conséquences imprévisibles sur la stabilité régionale». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Haut Commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR) tente de venir en aide à des milliers de civils qui ont fui la région de Malisevo, un bastion des séparatistes albanais dont la police serbe a repris le contrôle au début de cette semaine. Une équipe du HCR est parvenue, pour la première fois depuis une vaste offensive serbe dans le centre du Kosovo, à entrer en contact avec un groupe de personnes déplacées venues de la région de Malisevo. Elle a découvert près d’un village un groupe d’environ 500 civils qui avaient fui et vivaient dans la forêt, selon un porte-parole. Les autorités locales albanaises déclarent que des dizaines de milliers de civils ont quitté le secteur de Malisevo et se sont réfugiés dans les forêts environnantes. Le HCR estimait jeudi que le nombre des personnes déplacées au Kosovo,...