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Actualités - Chronologie

L'armée turque met en garde Yilmaz contre toute concession aux islamistes

L’armée, toute-puissante en Turquie et pro-laïque, a critiqué le premier ministre Mesut Yilmaz pour avoir levé une interdiction du port du foulard islamique dans les écoles religieuses et mis en garde le gouvernement contre toute concession aux islamistes, a rapporté vendredi le quotidien libéral Yeni Yuzyil (Nouveau siècle). «Ils (les islamistes) sont en train de tester la détermination de l’Etat. Si des concessions sont faites, ils penseront avoir gagné du terrain», a déclaré, selon ce journal, un militaire de haut rang. «La question du foulard doit être considérée également sous cet angle. Il ne doit pas y avoir de compromis», a-t-il ajouté, dans une critique indirecte de la récente décision de M. Yilmaz d’autoriser les étudiantes à porter le foulard. Le ministre prolaïc de l’Education, Hikmet Ulugbay, avait interdit en février le port du foulard dans les écoles religieuses d’Etat. Mais après des manifestations d’hostilité à cette mesure de la part de groupes islamistes, M. Yilmaz l’avait levée lundi dernier. Cette décision a provoqué des remous au sein de la coalition qu’il dirige, entre son parti conservateur de la Mère Patrie (Anap) et celui de la Gauche démocratique (DSP, gauche nationale), auquel appartient M. Ulugbay. Le gouvernement «ne doit pas agir afin de s’attirer la sympathie des électeurs radicaux», a déclaré le responsable militaire à Yeni Yuzyil, ajoutant: «Une telle attitude a fait beaucoup de tort au régime laïc dans le passé». Les généraux avaient joué un rôle déterminant l’an dernier en forçant à la démission le premier ministre islamiste Necmettin Erbakan, à qui ils reprochaient de favoriser la montée du fondamentalisme musulman dans le pays. Il avait été remplacé par M. Yilmaz en juin 1997. Erbakan frappé d’ostracisme Le parti de la Prospérité (Refah) de M. Erbakan a été dissous pour «activités contre le régime laïc» par la Cour constitutionnelle, avec prise d’effet le 22 février, et M. Erbakan a perdu son siège de député et est interdit de politique pour cinq ans. Mais le parti s’est reconstitué en une autre entité, le parti de la Vertu (Fazilet), qui grâce à l’appoint de six anciens députés du Refah, est devenue jeudi la première formation au Parlement, comme l’était le Refah, avec 140 sièges. Le Fazilet est alors aussitôt passé à l’offensive en déposant, avec trois autres partis d’opposition, une motion de défiance contre M. Ulugbay, l’accusant de violation des libertés religieuses. Le Parlement devrait voter la semaine prochaine sur l’opportunité d’inscrire cette demande à son ordre du jour. La marge de manœuvre de M. Yilmaz est étroite car son gouvernement est minoritaire au Parlement et a besoin du soutien que lui a apporté jusqu’à présent de l’extérieur le parti républicain du Peuple (CHP, social-démocrate), farouchement pro-laïc. Selon les analystes, le sort de M. Ulugbay et l’avenir à terme de la coalition dépendront de la décision des députés conservateurs de l’Anap, selon qu’ils voteront pour ou contre le ministre. (AFP)
L’armée, toute-puissante en Turquie et pro-laïque, a critiqué le premier ministre Mesut Yilmaz pour avoir levé une interdiction du port du foulard islamique dans les écoles religieuses et mis en garde le gouvernement contre toute concession aux islamistes, a rapporté vendredi le quotidien libéral Yeni Yuzyil (Nouveau siècle). «Ils (les islamistes) sont en train de tester la détermination de l’Etat. Si des concessions sont faites, ils penseront avoir gagné du terrain», a déclaré, selon ce journal, un militaire de haut rang. «La question du foulard doit être considérée également sous cet angle. Il ne doit pas y avoir de compromis», a-t-il ajouté, dans une critique indirecte de la récente décision de M. Yilmaz d’autoriser les étudiantes à porter le foulard. Le ministre prolaïc de l’Education, Hikmet...