Les ministres de l’Agriculture des pays les plus riches de la planète se sont retrouvés jeudi à Paris pour dresser les contours de la nouvelle politique agricole mondiale qui devra concilier économie de marché, contraintes budgétaires et respect de l’environnement. Au sein de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), ils comptent donner le premier signal fort aux agriculteurs et aux consommateurs sur leurs objectifs politiques, avant les prochaines négociations multilatérales sur les échanges en 1999. «Notre message aux agriculteurs est qu’il est très important que l’on fasse ces discussions maintenant», a déclaré à Reuters Josias Van Aartsen, ministre néerlandais de l’Agriculture qui préside cette rencontre ministérielle. Cette grand-messe — la précédente remonte à 1992 — ne débouchera pas sur des engagements, déclare-t-on toutefois de sources diplomatiques. L’idée est de faire le point des réformes politiques engagées il y a une dizaine d’années dans le secteur agricole, en tenant compte des changements économiques et sociaux intervenus depuis lors. Au mieux, la rencontre se terminera, vendredi, sur une déclaration de principe autour d’un consensus que certains diplomates qualifient déjà de «fragile». Une tentative de déclaration commune des ministres au travers d’un communiqué a échoué mercredi soir, les experts ayant été invités à revoir leur copie. Si aucun accord n’intervient, certains redoutent que soit uniquement publiée une déclaration de principe du président de l’OCDE. L’OCDE compte 29 membres dont les Etats-Unis, les pays de l’Union européenne, le Japon, l’Australie, la Corée, le Canada, le Mexique, la Turquie, et la Nouvelle-Zélande. Des divergences de fond apparaissent déjà entre les différentes écoles, avec en première ligne la position libérale défendue notamment par les Etats-Unis et l’Australie. A l’autre extrémité les protectionnistes, au rang desquels se trouvent le Japon et la Corée. Entre les deux, l’Union européenne tente de défendre une ligne médiane conciliant agriculture libérale et subventionnée. Dans le rapport de «Politique agricole», les experts de l’OCDE ont pour leur part déjà donné le ton, en invitant les pays à poursuivre leurs efforts de libéralisation du commerce et à ne pas créer des «obstacles superflus», suscités par les récentes préoccupations sur l’environnement et la qualité alimentaire. Depuis 1987, la réforme des politiques agricoles lancée par les ministres de l’OCDE a évolué pour se tourner de plus en plus vers une économie de marché, mais les subventions agricoles continuent d’être coûteuses pour les Etats. «Les mesures de politique agricole devenant de plus en plus complexes et diverses, un regain d’efforts s’impose pour cibler les problèmes et les objectifs spécifiques et pour évaluer pleinement les conséquences», écrit l’OCDE dans un rapport intitulé «Réforme de la politique agricole» et publié jeudi. «Il reste encore beaucoup à faire», poursuit ce rapport. (Reuters)
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