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Actualités - Chronologie

Accusé de censure et de monopole Murdoch embarrasse le labour de Blair

Bête noire de concurrents qui l’accusent désormais de censure après avoir dénoncé ses prétentions au monopole, le magnat de presse australo-américain Rupert Murdoch est devenu aussi une source d’embarras pour le Parti travailliste de Tony Blair. L’intéressé, à le tête d’un empire global implanté en Asie, aux Etats-Unis, en Amérique latine et en Grande-Bretagne, a reconnu l’ampleur de l’offensive. Dans une tribune publiée en «une» du «Times», le quotidien fleuron de son groupe News International («The Times»,«Sunday Times», «Sun», «News of the World»), «KRM» (Keith Rupert Murdoch) convient qu’elle dépasse «les traditionnels ennemis jurés de Murdoch», le «Guardian» et «Independent» de centre gauche. A la pointe du combat figure le «Daily Telegraph», plus fort tirage de la presse britannique de qualité, que le «Times» s’est juré de détrôner. Deux événements nourrissent la virulente campagne en cours: une polémique autour «d’Est and West», les mémoires du dernier gouverneur britannique à Hong Kong, Chris Patten; la discussion d’un projet de loi sur la concurrence, qui voudrait mettre un terme à cinq ans de guerre des prix sans merci déclenchée par M. Murdoch. Les nombreux détracteurs reprochent au baron de presse, propriétaire de la maison d’édition britannique HarperCollins, d’avoir fait le kotow (la triple génuflexion traditionnelle due aux empereurs chinois), en dénonçant sous un faux prétexte littéraire le contrat de M. Patten, ennemi juré de Pékin lors des ultimes tractations sur la rétrocession de Hong Kong à la Chine, le 1er juillet 1997. Réfutant toute pression de la part de Pékin, M. Murdoch regrette surtout la gestion de la crise par HarperCollins. «J’ai toujours eu une opinion un peu négative de Patten (...). Il s’est ridiculisé en découvrant soudain les bienfaits de la démocratie pour Hong Kong, à la fin d’un siècle de colonisation», a-t-il expliqué, en regrettant que M. Patten ait pu être enrôlé comme auteur par sa maison d’édition. Ralliement Les ennemis de M. Murdoch voient dans l’affaire une nouvelle illustration de la volonté de ménager la Chine, où le groupe News Corporation espère effectuer une percée, grâce notamment à sa chaîne de télévision par satellite Star TV, vecteur de Phoenix TV qui diffuse en mandarin. Dans un éditorial au vitriol comparant le patron de presse et «ses vilenies» au méchant du dernier James Bond, «Tomorrow Never Dies», le «New York Times» rappelait cette semaine qu’en 1994, Star TV avait cessé de rediffuser la BBC sur la Chine, pour plaire aux autorités de Pékin. La controverse continue de faire rage, le rédacteur en chef du «Times», Peter Stothard, opposant un démenti formel et argumenté aux propos (abondamment cités par le «Daily Telegraph», l’«Independent» et le «Guardian») de Jonathan Mirsky, son ancien rédacteur en chef pour l’Asie, selon qui les intérêts commerciaux de KRP en Chine influencent grandement la politique éditoriale du groupe. L’«Independent» remonte à la Première Guerre mondiale pour démonter le «mythe de l’objectivité» du «Times». «Il n’est pas de spectacle plus fascinant que celui de la meute des médias criant haro sur l’un des leurs», observait récemment le «Financial Times». Cette nouvelle polémique met dans une position encore plus délicate le gouvernement qui tarde à se prononcer sur un projet de loi «anti-Murdoch», adopté en première lecture à la Chambre des lords, et attendu sous peu aux Communes. Il vise à mettre un terme à la guerre des prix imposée par le baron de presse, qui possède 40% des tirages quotidiens et dominicaux de la presse écrite britannique et une très rentable station de télévision par satellite BskyB. Une guerre qui épuise ses concurrents et asphyxie l’«Independent». Le gouvernement jugeait jusqu’à présent la législation superflue, au risque d’être accusé de collusion avec M. Murdoch, eurosceptique et républicain, dont le «Sun» — premier tirage national avec 4 millions d’exemplaires» — a spectaculairement changé d’allégeance pour se rallier au «Nouveau Labour» de M. Blair. (AFP)
Bête noire de concurrents qui l’accusent désormais de censure après avoir dénoncé ses prétentions au monopole, le magnat de presse australo-américain Rupert Murdoch est devenu aussi une source d’embarras pour le Parti travailliste de Tony Blair. L’intéressé, à le tête d’un empire global implanté en Asie, aux Etats-Unis, en Amérique latine et en Grande-Bretagne, a reconnu l’ampleur de l’offensive. Dans une tribune publiée en «une» du «Times», le quotidien fleuron de son groupe News International («The Times»,«Sunday Times», «Sun», «News of the World»), «KRM» (Keith Rupert Murdoch) convient qu’elle dépasse «les traditionnels ennemis jurés de Murdoch», le «Guardian» et «Independent» de centre gauche. A la pointe du combat figure le «Daily Telegraph», plus fort tirage de la presse...