Israël a retiré mercredi le permis de résidence à Jérusalem d’un député palestinien de la ville sainte, M. Hatem Abdel Kader, mais a ensuite abrogé sa décision en affirmant qu’il s’agissait d’une erreur. C’était la première fois qu’Israël annulait le permis de résidence d’un des sept représentants de Jérusalem-Est au Conseil législatif palestinien, le Parlement autonome qui siège à Ramallah en Cisjordanie. «Par erreur, il lui a signifié qu’il n’était plus résident» de Jérusalem, a déclaré le porte-parole du ministère israélien de l’Intérieur, en précisant que cela avait été corrigé. «Après avoir vérifié son dossier, nous avons découvert qu’il était résident», a affirmé le porte-parole, Mme Tova Ellinson. M. Abdel Kader a indiqué qu’il ne le croirait que lorsque le ministère de l’Intérieur lui aurait confirmé par écrit. Mme Ellinson a cependant affirmé: «Il veut venir à nos bureaux demain et nous accéderons à sa requête». Le député avait été convoqué dans la matinée au ministère de l’Intérieur, où les fonctionnaires lui avaient signifié l’annulation de son permis de résidence. «Ils ne m’ont donné aucune raison pour expliquer cette décision», a déclaré le député. M. Abdel Kader, membre du mouvement Fateh du président Yasser Arafat, avait indiqué qu’il refuserait de remettre sa carte d’identité et qu’il entendait se pourvoir contre la décision devant la Cour suprême d’Israël. «Personne ne peut m’expulser de Jérusalem. Ceux qui doivent partir, ce sont Eli Suissa (le ministre israélien de l’Intérieur) et Benjamin Netanyahu (le premier ministre)», a-t-il affirmé. Israël, qui a annexé la partie orientale de Jérusalem après sa conquête en 1967, considère l’ensemble de la ville comme sa capitale. Les Palestiniens qui habitent la partie occupée de la ville — 210.000 au total, selon un récent recensement palestinien — disposent de cartes d’identité délivrées par Israël qui les autorise, au regard de la loi israélienne, à résider à Jérusalem. Cependant, Israël a retiré l’an dernier les cartes d’identité à plusieurs centaines de Palestiniens de Jérusalem, arguant notamment du fait qu’ils s’étaient absentés à l’étranger pendant de longues périodes. Des habitants de la ville sainte n’ont ainsi plus le droit de vivre là où ils sont nés. Malgré le conflit sur le statut de la ville, Israël avait autorisé, aux termes des accords d’autonomie, les Palestiniens de Jérusalem à participer aux premières élections générales dans les territoires, qui ont eu lieu en janvier 1996 pour constituer le Conseil législatif de 88 membres. M. Abdel Kader, journaliste de profession, est âgé de 42 ans. Il est né dans le camp de réfugiés de Shouafat à Jérusalem. Depuis son élection au Parlement palestinien, M. Abdel Kader s’est déjà heurté à plusieurs reprises aux autorités israéliennes. Elles avaient ainsi tenté en 1996 de fermer son bureau à Jérusalem, prétextant que l’Autorité palestinienne n’était pas supposée y avoir des activités. Mais Israël, sans base légale pour une telle décision, avait dû à l’époque battre en retraite. L’an dernier, la municipalité israélienne a confisqué les meubles de M. Abdel Kader, affirmant qu’il ne payait pas la taxe d’habitation municipale israélienne. (AFP)
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