L'Europe, nain politique face à la crise asiatique
le 04 mars 1998 à 00h00
La crise financière asiatique a démontré la capacité de l’Union européenne à résister à un choc monétaire externe violent mais a aussi confirmé son statut de «nain politique», a estimé mardi à Hong Kong Willy De Clercq, ancien commissaire européen et ex ministre belge. «La crise a démontré que la convergence économique, imposée par les critères contraignants de Maastricht, a fourni à l’UE un bouclier protecteur qui lui a permis de résister à un choc de cette ampleur, avant même la création de l’Euro», a indiqué le président de la commission des affaires juridiques et des droits du citoyen du Parlement européen. «Malheureusement, la crise a aussi montré que l’UE manquait encore de visibilité internationale, d’une politique extérieure cohérente et efficace», a dit l’ancien commissaire européen devant les membres de la Belgian Business Association. «L’Europe est un géant économique mais un main politique», a-t-il dit en citant comme en exemple la guerre en Bosnie, la crise au Proche-Orient, la confrontation avec l’Irak et la crise financière en Asie. «N’oubliez pas, a dit l’ancien responsable des relations économiques extérieures de la Commission de Bruxelles: «30% des crédits du FMI sont de l’argent européen. Mais bien que nous fournissions l’argent, ce sont les Etats-Unis qui reçoivent tout le crédit, comme cela a été clairement démontré pendant les récentes turbulences financières en Asie». M. De Clercq a précisé qu’il n’en faisait pas le reproche aux Etats-Unis, mais «aux Etats membres de l’UE qui n’ont pas été capables de donner à l’Union les outils requis pour que l’Europe parle d’une seule voix, agisse en son seul nom, comme nous avons été capables de le faire avec notre politique commerciale commune». Il a émis le vœu que la monnaie unique conduise à un «rôle plus actif et plus responsable pour l’UE dans la coordination économique et financière internationale, un rôle plus conforme avec notre statut de première puissance commerciale du monde». Vis à vis de l’Asie, a estimé Willy De Clercq, l’Union européenne doit apporter une assistance technique dans la restructuration des systèmes financiers et faire partager son expérience de la coordination monétaire et économique. Elle doit aussi «s’abstenir d’assouplir sa politique monétaire, ce qui augmenterait le risque d’une dévaluation compétitive globale». «Il faut préserver l’ouverture du système commercial international et l’UE doit encourager l’intégration de la Chine dans l’économie mondiale et son entrée à l’Organisation mondiale du commerce», a-t-il affirmé. (AFP)
La crise financière asiatique a démontré la capacité de l’Union européenne à résister à un choc monétaire externe violent mais a aussi confirmé son statut de «nain politique», a estimé mardi à Hong Kong Willy De Clercq, ancien commissaire européen et ex ministre belge. «La crise a démontré que la convergence économique, imposée par les critères contraignants de Maastricht, a fourni à l’UE un bouclier protecteur qui lui a permis de résister à un choc de cette ampleur, avant même la création de l’Euro», a indiqué le président de la commission des affaires juridiques et des droits du citoyen du Parlement européen. «Malheureusement, la crise a aussi montré que l’UE manquait encore de visibilité internationale, d’une politique extérieure cohérente et efficace», a dit l’ancien commissaire...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.