Philippines : les séparatistes musulmans brandissent la menace du Jihad
le 03 mars 1998 à 00h00
La guérilla séparatiste musulmane a averti hier qu’elle relancerait le «Jihad» en cas d’échec des contacts préliminaires pour un accord de paix qui doivent reprendre cette semaine dans le sud des Philippines. «Le Front Moro islamique de libération (MILF) partira en guerre et lancera le Jihad (guerre sainte) si les négociations échouent», a déclaré le vice-président du mouvement pour les affaires militaires, Ghazali Jaafar. «Nous nous préparons à la guerre tout en négociant, et nous nous préparons au pire parce que nous ne voyons pas de solution pacifique se dessiner dans un avenir proche», a ajouté M. Jaafar dans son interview. Minimisant la menace du MILF, un porte-parole de l’armée a commenté lundi: «Nous ne pensons pas qu’ils (le MILF) puissent mener une guerre prolongée». «Ils peuvent recruter et entraîner des hommes, mais les équiper est une autre affaire», a dit le capitaine Noel Detoyato. Le MILF et le gouvernement de Manille ont tenu la semaine dernière dans la ville de Marawi des conversations préliminaires aux négociations de paix qui ont tourné court devant l’insistance du Front de voir les zones qu’il contrôle sur la grande île de Mindanao reconnues comme «terre musulmane» indépendante du territoire philippin et de la loi nationale. Les contacts entre les deux parties sur ce sujet doivent reprendre mardi dans la ville de Cotabato. «Nous renforçons nos rangs… nous sommes des révolutionnaires», a ajouté Ghazali Jaafar, affirmant que le MILF fabriquait des armements à l’intérieur des camps d’entraînement dont il dispose sur Mindanao. Le mouvement dit disposer de plus de 100.000 hommes (bien 100.000) sur le terrain, la plupart armés, mais les sources militaires officielles à Cotabato évaluent les forces du MILF à 10.000 hommes environ. Le Front occupe une trentaine de camps sur Mindanao que le gouvernement se refuse de reconnaître comme «terre musulmane», proposant en échange de les déclarer «zones de paix et de développement». Le mouvement séparatiste a rejeté jusqu’à présent cette contre-proposition. Tout accord de paix, a dit Ghazali Jaafar, «doit dépasser les paramètres de la Constitution philippine». «Nous ne sommes pas des Philippins, nous sommes le peuple Moro, avec une culture propre. Nous voulons vivre selon cette culture et nos croyances religieuses», a-t-il affirmé. Le MILF, qui ne s’est pas associé à un traité de paix conclu fin 1996 entre le gouvernement et le Front Moro de libération nationale (MNLF), revendique la création d’un Etat musulman indépendant dans le sud des Philippines. L’accord de 1996 avec le MNLF avait mis fin à 24 années de guerre sur Mindanao. Il a donné naissance à une «zone musulmane autonome» de développement économique dirigée par l’ancien président du MNLF et dirigeant de ses troupes sur le terrain, Nur Misuari. (AFP)
La guérilla séparatiste musulmane a averti hier qu’elle relancerait le «Jihad» en cas d’échec des contacts préliminaires pour un accord de paix qui doivent reprendre cette semaine dans le sud des Philippines. «Le Front Moro islamique de libération (MILF) partira en guerre et lancera le Jihad (guerre sainte) si les négociations échouent», a déclaré le vice-président du mouvement pour les affaires militaires, Ghazali Jaafar. «Nous nous préparons à la guerre tout en négociant, et nous nous préparons au pire parce que nous ne voyons pas de solution pacifique se dessiner dans un avenir proche», a ajouté M. Jaafar dans son interview. Minimisant la menace du MILF, un porte-parole de l’armée a commenté lundi: «Nous ne pensons pas qu’ils (le MILF) puissent mener une guerre prolongée». «Ils peuvent recruter et...
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