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Actualités - Chronologie

Une affaire de torture éclabousse la police et la justice iraniennes

Une affaire de mauvais traitements et de tortures sur des responsables de la municipalité de Téhéran durant une récente détention éclabousse pour la première fois publiquement deux administrations capitales du régime islamique, la police et la justice. Cette affaire, qui a pris ces deux derniers jours une ampleur politique sans précédent sous le régime islamique, oppose les partisans du président Mohammad Khatami aux conservateurs qui contrôlent la police et la justice. Elle a été révélée récemment par des responsables de la municipalité lors d’une réunion avec des parlementaires proches de M. Khatami. Ces responsables, parmi lesquels au moins deux maires d’arrondissement, ont alors affirmé avoir été victimes «de traitements inhumains et de tortures» pendant un séjour récent dans une prison de Téhéran où ils étaient incarcérés sous des accusations de corruption. Aucune révélation n’a été faite sur la nature des tortures invoquées, mais le journal radical Salam a affirmé samedi que le récit des victimes «blessait sérieusement le cœur et l’âme de toute personne» et demandé l’arrêt de «ce genre d’agissements». Le récit a été tellement bouleversant que plusieurs députés, membres des minorités parlementaires radicale et modérée, ont «même pleuré et exigé une enquête officielle», selon la presse de ces minorités. Ces hauts fonctionnaires municipaux avaient été arrêtés dans le cadre d’une affaire de corruption financière touchant la mairie de Téhéran et le maire Gholamhossein Karbastchi, qui a joué un rôle capital dans la victoire du président Khatami en juin dernier. M. Karbastchi est considéré comme la bête noire des religieux conservateurs, qui l’accusent d’avoir utilisé des «fonds d’origine suspecte» pour le financement de la campagne électorale du nouveau président. Monté au créneau, l’ayatollah Mohammad Yazdi, chef du pouvoir judiciaire, a démenti vendredi que l’affaire ait un caractère politique et rejeté les accusations de tortures attribuées à la police. «La justice ne fait pas de différence entre Karbastchi et les autres, qu’ils soient petits ou grands, tous seront poursuivis pour les délits qu’ils ont commis», a averti le chef de la justice iranienne. «Tout cela n’est qu’une simple campagne politique visant la police et la justice, et les larmes de crocodile de certains députés ne changeront pas le cours de la procédure judiciaire», a affirmé l’ayatollah Yazdi, lui-même cible privilégiée d’attaques des radicaux et des modérés depuis plusieurs jours. Le journal Salam a même ironisé samedi sur les capacités de M. Yazdi en lui suggérant de «perfectionner sa connaissance de la loi, lui qui arrive au terme de son second mandat» de cinq ans. Cette affaire a accentué l’opposition entre les deux principales factions politico-religieuses du pouvoir islamique iranien. La coalition radicale-modérée (réformiste et proche du chef de l’Etat) accuse la droite islamique (conservatrice, majoritaire au Parlement) de chercher, avec le soutien de la police et de la justice, à affaiblir le gouvernement de M. Khatami. La police, qui échappe au contrôle du gouvernement, est placée sous le commandement du numéro un du régime, l’ayatollah Ali Khamenei, Guide de la République islamique. Sous le gouvernement précédent, le Guide avait délégué ses prérogatives de commandant des forces de police à l’ancien ministre de l’Intérieur Ali Mohammad Bécharati. Mais le nouveau ministre de l’Intérieur Abdollah Nouri n’a pas été investi de ce pouvoir et il ne contrôle donc pas totalement les forces de police. Cette situation est désormais critiquée par les personnalités proches du gouvernement qui accusent ouvertement la police et la justice de faire le jeu des conservateurs. (AFP)
Une affaire de mauvais traitements et de tortures sur des responsables de la municipalité de Téhéran durant une récente détention éclabousse pour la première fois publiquement deux administrations capitales du régime islamique, la police et la justice. Cette affaire, qui a pris ces deux derniers jours une ampleur politique sans précédent sous le régime islamique, oppose les partisans du président Mohammad Khatami aux conservateurs qui contrôlent la police et la justice. Elle a été révélée récemment par des responsables de la municipalité lors d’une réunion avec des parlementaires proches de M. Khatami. Ces responsables, parmi lesquels au moins deux maires d’arrondissement, ont alors affirmé avoir été victimes «de traitements inhumains et de tortures» pendant un séjour récent dans une prison de Téhéran...