L’Assemblée consultative populaire, la plus haute instance de l’Indonésie, se réunira à partir de demain à Jakarta pour reconduire à l’unanimité le président Suharto pour un septième mandat de 5 ans à la tête du pays, le quatrième au monde par la population. Le processus est officiellement appelé «élections» mais, pas plus que les six fois précédentes, le président Suharto, doyen, avec le cubain Fidel Castro, des chefs d’Etat en fonction, n’aura à faire face à un vote formel. Arrivé au pouvoir il y a 32 ans sur fond de troubles et à la faveur d’une répression sanglante qui a coûté la vie à au moins un demi-million de personnes, le président Suharto, alors général commandant les forces stratégiques, n’a d’ailleurs jamais eu à solliciter de suffrages de qui que ce soit. Cette fois encore, il est, à 76 ans, le seul candidat, et l’assemblée de 1.000 membres devant laquelle il se présente, seule habilitée à décider qui peut faire acte de candidature, est entièrement sous son contrôle. Il a pu ainsi aussi imposer son choix pour le poste de vice-président qui doit être également pourvu. Le seul candidat autorisé à se présenter est, à ce jour, celui qu’il a désigné, le ministre de la Recherche et de la Technologie, M. Bacharuddin Habibie, un ami intime dépourvu de base politique personnelle. Pour la première fois, alors que l’Indonésie, à la différence des pays voisins sur la voie du rétablissement, continue à s’enfoncer dans la plus grave crise économique de son existence, des personnalités avaient fait savoir qu’elles étaient prêtes à assumer la charge suprême. Une opposition muselée Mais Amien Raïs, dirigeant d’une organisation musulmane revendiquant 28 millions de membres et Megawati Soekarnoputri, fille du fondateur de l’Indonésie Soekarno et figure de proue de l’opposition, n’ont aucune chance: leur candidature ne sera pas discutée et leur nom ne sera même pas évoqué. Le Golkar, le parti au pouvoir, qui dispose de 588 sièges, a publiquement menacé de sanctions ses membres qui oseraient soutenir une autre personnalité que le président Suharto et son dauphin Habibie. Pour être sûr qu’il n’y aura aucune déclaration intempestive, les responsables de l’organisation des «débats» ont fait savoir qu’il n’y aurait pas de micro mis à la disposition de l’assemblée en dehors de la tribune officielle. Les mesures de sécurité mises en place pour assurer que rien ne viendra troubler le déroulement de cette session qui commence demain et se poursuivra pendant deux semaines jusqu’au 11 mars sont impressionnantes. Officiellement, plus de 35.000 policiers et soldats, avec des blindés et des hélicoptères, ont été mobilisés pour faire face à tout trouble éventuel. Le commandant militaire de la capitale a également fait savoir que, si nécessaire, la métropole de plus de 10 millions d’habitants serait isolée du reste du pays. Toute manifestation, de quelque genre que ce soit, est interdite depuis le début de la semaine et le restera jusqu’à une semaine après la clôture des travaux. L’organisation de conférences ou séminaires, et même la célébration des mariages sont également interdites. Pour la durée de la session enfin, les établissements scolaires seront fermés et les élèves priés de rester chez eux. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Assemblée consultative populaire, la plus haute instance de l’Indonésie, se réunira à partir de demain à Jakarta pour reconduire à l’unanimité le président Suharto pour un septième mandat de 5 ans à la tête du pays, le quatrième au monde par la population. Le processus est officiellement appelé «élections» mais, pas plus que les six fois précédentes, le président Suharto, doyen, avec le cubain Fidel Castro, des chefs d’Etat en fonction, n’aura à faire face à un vote formel. Arrivé au pouvoir il y a 32 ans sur fond de troubles et à la faveur d’une répression sanglante qui a coûté la vie à au moins un demi-million de personnes, le président Suharto, alors général commandant les forces stratégiques, n’a d’ailleurs jamais eu à solliciter de suffrages de qui que ce soit. Cette fois encore, il...