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Actualités - Chronologie

Les koweitiens se souviennent

La libération du Koweit de l’occupation irakienne, fêtée jeudi, est l’occasion pour les Koweitiens de se rappeler une période difficile au cours de laquelle ils ont appris à ne compter que sur eux-mêmes. «Après l’invasion», le 2 août 1990, «les employés de maison ont quitté le pays, ils avaient peur», se souvient Khaled Al-Greeb, 39 ans, directeur du marché aux poissons construit récemment. «Pour la première fois de ma vie, j’ai dû faire un travail manuel. J’ai dû protéger et nourrir ma femme et mes cinq enfants, ainsi que la famille de mon frère, qui était détenu par les Irakiens», ajoute-il. «Je vidais les ordures, je cuisinais et prenais soin de la voiture et de la maison», se rappelle-t-il, en regardant ses mains manucurées, dont l’une tenait un téléphone cellulaire en permanence. Koweit a beaucoup changé depuis l’invasion. Les ruines du vieux marché aux poissons, détruit d’abord par les bombardements alliés puis anéanti par les Irakiens battant en retraite, sont toujours visibles. Par nostalgie, par économie ou par paresse, les traces de la guerre n’ont pas été effacées. «C’est triste, il y a beaucoup d’histoire enterrée là-bas», dit M. Greeb. Le marché aux poissons qu’il dirige ressemble plutôt à un palais. Le plancher de marbre scintille, la voûte est vitrée, les balustrades en bois massif sont vernies et les fenêtres panoramiques donnent sur la mer. Les étalages brillants, dallés et immaculés, débordent de poissons frais, mérou, thon et calamar. Les vendeurs sont indiens, pakistanais et philippins. Les travailleurs étrangers, revenus en force, représentent les deux tiers de la population de 2,2 millions d’habitants. Lancée le 26 février 1991, la guerre terrestre s’est terminée deux jours plus tard, l’ancien président américain George Bush déclarant alors que «le Koweit a été libéré...». Le Safir International Hôtel, près de l’ambassade des Etats-Unis à Koweit, a changé d’administration et de nom depuis quatre ans. L’hôtel, le premier à fonctionner après la libération, s’appelait Kuwait International et servait de centre de presse pour les journalistes qui s’y sont installés après l’arrivée des troupes alliées. Au début, il n’y avait pas d’électricité, pas d’eau courante, pas de télévision, pas d’ascenseur. Les murs portaient des traces de balles et les corridors étaient sinistres, couverts de détritus et puant l’explosif. Tuer Saddam Hussein Les tapis avaient été détruits et incendiés. Tous les appareils électriques et ménagers ainsi que les installations avaient été volés. Aujourd’hui, cet hôtel de cinq étoiles est un établissement luxueux. Le concierge, Xavier d’Souza, était là lorsque l’Irak a envahi le Koweit. Les Irakiens «nous ont dit au premier jour qu’ils allaient payer leurs factures en dinars irakiens», se souvient cet Indien, qui a regagné son pays un mois après l’invasion. «L’argent n’a jamais été versé. Ils portaient tous des armes à feu et nous n’avons pas pu discuter», a-t-il ajouté. «Ils s’en allaient le matin et revenaient la nuit avec des téléviseurs et des magnétoscopes. Bien entendu, nous savions ce qu’ils faisaient, ils volaient et personne ne pouvait rien dire». Pour le Portugais Custodio Dias, à la réception, les Irakiens s’étaient bien comportés à l’égard du personnel jusqu’au début des bombardements alliés de Bagdad, à la mi-janvier 1991. «Ils sont alors devenus très désagréables et grossiers», se souvient-il. «Ils nous bousculaient, ils tiraient sur les murs». De nombreux Koweitiens sont amers à l’égard des Etats-Unis et de l’ONU, après l’accord signé lundi avec l’Irak sur le désarmement, qui les a privés de leur rêve. «Pourquoi n’avez-vous pas tué cet individu», le président irakien Saddam Hussein, lance sur un ton brusque l’homme d’affaires Fouad Aboul, après avoir réalisé qu’il parlait à un journaliste américain. «Qu’est-ce que vous êtes alors venus faire? Vous avez acheminé une centaine de missiles (de croisière) Tomahawk et vous ne faites rien. Vous le laissez encore s’échapper, bande de froussards», a-t-il lancé. «Tout le monde s’est senti malheureux» en apprenant la signature de l’accord, dit M. Greeb. «Nous voulions tuer ce type. Il est la cause des souffrances de ma famille et de mes amis». (AFP)
La libération du Koweit de l’occupation irakienne, fêtée jeudi, est l’occasion pour les Koweitiens de se rappeler une période difficile au cours de laquelle ils ont appris à ne compter que sur eux-mêmes. «Après l’invasion», le 2 août 1990, «les employés de maison ont quitté le pays, ils avaient peur», se souvient Khaled Al-Greeb, 39 ans, directeur du marché aux poissons construit récemment. «Pour la première fois de ma vie, j’ai dû faire un travail manuel. J’ai dû protéger et nourrir ma femme et mes cinq enfants, ainsi que la famille de mon frère, qui était détenu par les Irakiens», ajoute-il. «Je vidais les ordures, je cuisinais et prenais soin de la voiture et de la maison», se rappelle-t-il, en regardant ses mains manucurées, dont l’une tenait un téléphone cellulaire en permanence. Koweit a...