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Actualités - Chronologie

Richard Butler se présente en patron incontesté des inspecteurs

Cherchant à dissiper l’impression que son rôle était diminué par l’accord entre l’ONU et l’Irak, Richard Butler s’est présenté devant les journalistes avec le souci d’apparaître comme étant toujours le seul «patron» des inspecteurs en désarmement. Brisant un silence prolongé — et inhabituel — depuis la conclusion de cet accord le week-end dernier, le diplomate australien a affirmé lors d’un point de presse que la Commission spéciale (UNSCOM) se sentait «renforcée». «L’accord donne de la force à mon organisation et à moi-même, à la condition que l’Irak respecte ses engagements», a dit M. Butler qui a multiplié les qualificatifs élogieux sur cet accord. Le chef de l’UNSCOM a été soumis récemment à un flot de critiques de pays membres du Conseil de Sécurité, comme la Russie, et a été déstabilisé au sein même de l’ONU, ont affirmé des diplomates occidentaux. M. Butler a été rassuré après un entretien mercredi avec M. Annan, alors que Washington a ostensiblement soutenu la prééminence du chef de l’UNSCOM. Interrogé sur une éventuelle démission, il a affirmé: «Je suis heureux dans mon travail, j’ai l’intention de continuer, et c’est ce que souhaite le secrétaire général, Kofi Annan». Des diplomates à Bagdad ont affirmé que son rôle était diminué par l’accord sur les inspections. M. Annan a négocié avec le président irakien Saddam Hussein l’ouverture de huit sites présidentiels jusqu’à présent interdits aux inspecteurs à la recherche d’armes de destruction massive. Mais les inspecteurs devront être accompagnés de diplomates pour se rendre dans ces sites. M. Annan a nommé un nouveau commissaire, le diplomate srilankais Jayantha Dhanapala, un expert du désarmement, pour diriger ce «groupe spécial». Des diplomates ont relevé que, selon l’accord de Bagdad, M. Butler ne sera pas habilité à présenter directement au Conseil de Sécurité de l’ONU les résultats des inspections des sites présidentiels, cette tâche incombant à M. Annan. La méfiance de Bagdad Le chef de l’UNSCOM a, au contraire, affirmé que «la structure d’autorité est claire, et je la trouve entièrement satisfaisante». Il a expliqué que «les analyses seront faites par l’UNSCOM, le rapport sera rédigé par le nouveau commissaire à mon intention et, moi-même, je le ferai au Conseil de Sécurité par l’intermédiaire du secrétaire général». A l’appui de ses dires, M. Butler a présenté un organigramme où il apparaît en haut de la chaîne d’autorité, juste sous le Conseil et le secrétaire général. Mais des officiels de l’UNSCOM soulignent que les risques de conflit interne ne concerneront vraisemblablement pas les sites présidentiels. «Il n’y a sans doute rien à trouver sur ces sites», a dit l’un d’eux. Les huit sites, d’une superficie totale de 31,5 km2, ont été cartographiés par une équipe de l’ONU qui a décompté 1.058 bâtiments divers au milieu de lacs artificiels: un seul vrai palais à Bagdad, des maisons d’hôtes, des hangars, toutes sortes de structures, mais rien de vraiment suspect d’abriter des armes de destruction massive, selon le chef de l’équipe de l’ONU (LIRE PAR AILLEURS). En revanche, la nomination d’un représentant spécial du secrétaire général à Bagdad inquiète l’UNSCOM qui y voit la possibilité d’être «chapeautée» par un diplomate de haut rang. L’Irak a de son côté manifesté à nouveau sa méfiance vis-à-vis du diplomate australien. Interrogé sur la «confiance» qu’il lui portait, le vice-premier ministre Tarek Aziz a déclaré: «Je dois être franc, ma réponse est non. Mais nous allons travailler avec eux (l’UNSCOM), car j’ai confiance dans le secrétaire général de l’ONU». (AFP)
Cherchant à dissiper l’impression que son rôle était diminué par l’accord entre l’ONU et l’Irak, Richard Butler s’est présenté devant les journalistes avec le souci d’apparaître comme étant toujours le seul «patron» des inspecteurs en désarmement. Brisant un silence prolongé — et inhabituel — depuis la conclusion de cet accord le week-end dernier, le diplomate australien a affirmé lors d’un point de presse que la Commission spéciale (UNSCOM) se sentait «renforcée». «L’accord donne de la force à mon organisation et à moi-même, à la condition que l’Irak respecte ses engagements», a dit M. Butler qui a multiplié les qualificatifs élogieux sur cet accord. Le chef de l’UNSCOM a été soumis récemment à un flot de critiques de pays membres du Conseil de Sécurité, comme la Russie, et a été...