Israël a présenté vendredi ses «regrets» à la Suisse après le dernier fiasco du Mossad, à la tête duquel le premier ministre Benjamin Netanyahu s’apprête à nommer un nouveau chef. Dans une lettre adressée au président et chef de la diplomatie suisse, M. Flavio Cotti, Israël exprime son espoir que l’affaire sera rapidement réglée, sous-entendu que l’agent secret israélien détenu en Suisse sera relâché. Mais Israël a aussi tenté de justifier l’opération en faisant valoir une «menace terroriste» non précisée, contre laquelle les agents du Mossad étaient supposés lutter. M. Cotti a estimé, selon son porte-parole Franz Egle, que ces excuses présentées personnellement vendredi par l’ambassadeur d’Israël à Berne étaient un «pas positif» de la part de l’Etat hébreu. «Cette affaire reste toutefois une violation grave et inacceptable de la souveraineté de la Suisse», a ajouté M. Egle lors d’un point de presse à Berne. Dans la lettre, le directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères M. Eytan Ben-Tsur «a exprimé ses regrets, au nom de l’Etat d’Israël, au sujet de cette mission et des problèmes qu’elle a connus, qui ont entraîné des complications pour les autorités suisses», selon un communiqué du ministère. «Il a également souligné que le terrorisme était une menace pour la sécurité de l’Etat d’Israël et de ses citoyens, ainsi que pour le processus de paix et la stabilité dans la région», ajoute le texte. «M. Ben-Tsur a exprimé l’espoir que cette affaire se réglera rapidement et que les bonnes relations bilatérales se poursuivront», a ajouté le ministère. La Suisse avait réclamé des excuses à Israël, mais l’Etat hébreu avait fait savoir dans un premier temps qu’il n’en avait pas l’intention. Israël a cependant changé d’avis devant les menaces de dégradation des relations israélo-suisses, jusqu’ici excellentes. Le président Cotti a laissé entendre qu’il pourrait remettre en cause sa visite en Israël, la première d’un chef d’Etat helvétique, prévue en mai. La piste du Hezbollah L’agent détenu par la Suisse a été arrêté en flagrant délit, le 19 février avant l’aube, alors qu’il tentait de poser du matériel de surveillance électronique dans un immeuble de Berne. Quatre autres agents qui l’accompagnaient, interpellés en même temps que lui, ont été relâchés par la police suisse et ont entre-temps, selon la presse, regagné Israël. L’Etat hébreu n’a pas précisé quelle mission menait le commando mais selon la presse, il tentait de mettre sur écoutes un homme lié au Hezbollah libanais, qui habitait l’immeuble visé. L’échec de la mission de Berne, venant après le fiasco d’une tentative d’assassinat d’un militant intégriste palestinien en septembre dernier à Amman, a entraîné la démission, mardi, du chef du Mossad, le général Danny Yatom. Selon la presse israélienne, M. Netanyahu s’apprête à nommer un autre militaire de carrière, le général Amiram Lévine, chef du commandement nord de l’armée, pour lui succéder. Le général Lévine, 51 ans, est depuis trois ans le chef du commandement Nord de l’armée, ce qui inclut les troupes d’occupation au Liban. A ce titre, c’est lui qui a dirigé l’opération militaire «Raisins de la colère» en avril 1996 au Liban, une offensive de 17 jours qui s’est traduite par 175 morts côté libanais, pour l’essentiel des civils, et aucun côté israélien. L’artillerie israélienne avait notamment bombardé un camp de l’ONU abritant des réfugiés, faisant 105 tués. Le général Lévine fut aussi le chef direct de M. Netanyahu quand ce dernier effectuait son service militaire, au début des années 70, dans le Sayeret Matkal, le commando d’élite de l’armée.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Israël a présenté vendredi ses «regrets» à la Suisse après le dernier fiasco du Mossad, à la tête duquel le premier ministre Benjamin Netanyahu s’apprête à nommer un nouveau chef. Dans une lettre adressée au président et chef de la diplomatie suisse, M. Flavio Cotti, Israël exprime son espoir que l’affaire sera rapidement réglée, sous-entendu que l’agent secret israélien détenu en Suisse sera relâché. Mais Israël a aussi tenté de justifier l’opération en faisant valoir une «menace terroriste» non précisée, contre laquelle les agents du Mossad étaient supposés lutter. M. Cotti a estimé, selon son porte-parole Franz Egle, que ces excuses présentées personnellement vendredi par l’ambassadeur d’Israël à Berne étaient un «pas positif» de la part de l’Etat hébreu. «Cette affaire reste...