L'Irak célèbre ce qu'il reçoit comme une victoire sur l'Amérique
le 26 février 1998 à 00h00
L’Irak continuait mercredi de célébrer comme une victoire sur les Etats-Unis l’accord signé avec l’ONU, estimant qu’il le rapprochait de la levée de l’embargo. Les Etats-Unis ont pour leur part averti qu’ils observeraient «très attentivement» la manière dont l’Irak appliquerait l’accord, et le Conseil de Sécurité de l’ONU s’apprêtait à adopter une résolution mettant en garde Bagdad contre toute violation de ses engagements. «Les justes du monde entier se sont réjouis de l’accord entre l’Irak et l’ONU», affirmait le journal «Babel», citant entre autres «la Russie, la France, la Chine et la plupart des pays arabes». «Quant aux Etats-Unis, ils ont reçu un camouflet en raison de cette victoire irakienne», affirmait-il. La télévision a continué à diffuser des chants et des danses patriotiques. La presse a rapporté que des manifestations de joie s’étaient déroulées mardi dans plusieurs villes de province pour «célébrer la victoire des Irakiens, conduits par Saddam Hussein». Les journalistes étrangers et les équipes de télévision ont commencé à quitter en masse Bagdad, où plus de 250 journalistes se trouvaient au plus fort de la crise. Le vice-premier ministre Tarek Aziz est passé à la télévision mardi soir pour expliquer à l’opinion publique que l’accord signé lundi avec le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan sur l’accès aux palais présidentiels avait rapporté à l’Irak des «gains importants», susceptibles de conduire à une levée des sanctions. «Ces gains, de nature politique et pratique, sont liés à la question de la levée de l’embargo» imposé à l’Irak depuis son invasion du Koweït en août 1990, a ajouté M. Aziz sans plus de précisions. «Modalités spéciales» «Ce n’est pas le déploiement militaire qui nous a poussés à conclure un accord avec le secrétaire général», car «nous n’étions pas intimidés», a assuré le vice-premier ministre irakien. Un porte-parole officiel irakien a en outre estimé que la décision du président Bill Clinton de laisser dans le Golfe les forces américaines qui y sont déployées était «la preuve des visées américaines agressives, non seulement envers l’Irak, mais envers (...) les Etats arabes et musulmans». Un responsable irakien avait exhorté mardi les pays arabes à œuvrer pour obtenir le «retrait immédiat» des troupes américaines et britanniques déployées dans le Golfe. Plusieurs responsables américains, Bill Clinton en tête, s’étaient employés mardi à souligner que la menace militaire avait joué, au même titre que la diplomatie, un rôle déterminant pour arracher un accord entre l’ONU et Bagdad. Le Conseil de Sécurité de l’ONU s’est dit mardi «satisfait» de l’accord mais Washington a exprimé des doutes et réclamé des «clarifications» sur certains points de l’accord. Des diplomates ont indiqué que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis devaient présenter dans les prochains jours un projet de résolution qui lancerait un «sévère avertissement» à l’Irak si ce pays ne respectait pas ses engagements. Le premier ministre britannique Tony Blair a appuyé l’idée de compléter l’accord par une résolution qui avertirait Saddam Hussein des «très graves conséquences» en cas de manquement à sa parole, ajoutant que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne n’avaient pas l’intention de retirer dans l’immédiat leur dispositif militaire dans le Golfe. L’accord prévoit des «modalités spéciales» pour les inspections des huit sites présidentiels qui seront effectuées par des inspecteurs de la Commission spéciale (UNSCOM) accompagnés de diplomates de haut rang. Dans ce document, le secrétaire général s’engage en outre à présenter la question de la levée des sanctions à l’attention du Conseil de Sécurité. La France et la Russie se sont prononcées mardi pour une levée aussi rapide que possible de l’embargo contre l’Irak, dès que l’ONU aura constaté l’absence d’armes de destruction massive dans ce pays. Pour sa part, le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright a affirmé que la levée des sanctions dépendait de la volonté de Bagdad de se conformer aux résolutions de l’ONU et non pas du maintien au pouvoir de Saddam Hussein. (AFP)
L’Irak continuait mercredi de célébrer comme une victoire sur les Etats-Unis l’accord signé avec l’ONU, estimant qu’il le rapprochait de la levée de l’embargo. Les Etats-Unis ont pour leur part averti qu’ils observeraient «très attentivement» la manière dont l’Irak appliquerait l’accord, et le Conseil de Sécurité de l’ONU s’apprêtait à adopter une résolution mettant en garde Bagdad contre toute violation de ses engagements. «Les justes du monde entier se sont réjouis de l’accord entre l’Irak et l’ONU», affirmait le journal «Babel», citant entre autres «la Russie, la France, la Chine et la plupart des pays arabes». «Quant aux Etats-Unis, ils ont reçu un camouflet en raison de cette victoire irakienne», affirmait-il. La télévision a continué à diffuser des chants et des danses...
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