Les syndicats internationaux repartent en campagne pour faire cesser le travail forcé de millions de Pakistanais, dont de nombreux enfants, en appelant les Européens à sanctionner Islamabad. Des familles entières sont devenues «esclaves d’un propriétaire d’usine» par le biais d’emprunts souscrits par les parents auprès de leur patron, dénonce la Confédération internationale des syndicats libres (CISL). Pour preuve, elle a diffusé à Bruxelles un film sur le travail dans des briqueteries près d’Islamabad réalisé lors d’une enquête syndicale. «Près de 7.000 des 17.000 travailleurs des 18 briqueteries recensées sur le site de Haripur sont en état d’esclavage, dont plusieurs familles exploitées depuis plus de 50 ans en raison de l’obligation de rembourser leur dette au propriétaire», affirme le rapport de l’enquête, citant les chiffres du syndicat pakistanais AFFOL. Parvaiz, un enfant interrogé par l’auteur du film, ne connaît pas son âge mais sait que cela fait plus de 6 ans qu’il fait des briques 12 heures par jour, payées 120 roupies (3 USD) les 1.000. Une famille illettrée, avec deux enfants de 8 et 9 ans, ne parlant pas l’urdu, la langue majoritaire, explique qu’elle est liée à vie avec le propriétaire de la fabrique. Le père a signé, par ses empreintes, un document par lequel le propriétaire les emploie, leur loue un abri sur le site et leur vend la nourriture pendant la mousson quand les briques ne peuvent être séchées. Certes, reconnaît le texte, des lois interdisant le travail des enfants de moins de 14 ans ont été votées au Pakistan, mais elles «restent lettre morte sur le terrain». Il ne s’agit pas d’esclavage formel, ils sont libres de quitter leur «emploi», mais quel autre choix ont ces enfants, seul soutien de famille lorsque les adultes n’ont pas de travail. La CISL réclame la suspension de l’octroi au Paksitan du Système de préférence généralisée (SPG) qui accorde des tarifs préférentiels pour les exportations vers l’Union européenne. Une lettre a été adressée au vice-président de la Commission européenne, Manuel Marin, début février. Les syndicats nationaux affiliés à la CISL ont fait les mêmes démarches auprès des Quinze. Le cas de la Birmanie A la demande des organisations syndicales, les Quinze ont déjà suspendu le SPG octroyé à la Birmanie pour y sanctionner le travail forcé et des enfants. Le règlement SPG stipule qu’un pays ayant recours au travail forcé ne peut bénéficier de ce système. Pour le lever, la Commission européenne doit ouvrir une enquête d’un an, avec notification publiée au journal officiel (JO) de l’UE. La décision finale est ensuite prise par les ministres des Quinze. «Le dossier est toujours ouvert à la Commission», a affirmé Josep Coll i Carbo, porte-parole de M. Marin. «La Commission continue à récolter des informations et à dialoguer avec les autorités pakistanaises qui se montrent très coopératives, tout le contraire des autorités birmanes», a-t-il souligné. Elles reconnaissent ainsi que 8 millions d’enfants sur une population de 131 millions travaillent au Pakistan, selon M. Coli i Carbo. «C’est insuffisant, nous demandons une ouverture officielle d’enquête avec publication au JO et nous venons d’apporter de nouvelles preuves pour l’ouvrir», a rappelé James Howard, l’un des responsables de la CISL. La Commission préfère opter pour une «politique incitative plutôt que punitive tout en maintenant une pression permanente sur le gouvernement.» Partant du constat que pour la plupart de ces enfants illettrés, la seule alternative au travail est la prostitution, l’UE a décidé de cofinancer une série de projets internationaux axés sur la formation et l’éducation. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les syndicats internationaux repartent en campagne pour faire cesser le travail forcé de millions de Pakistanais, dont de nombreux enfants, en appelant les Européens à sanctionner Islamabad. Des familles entières sont devenues «esclaves d’un propriétaire d’usine» par le biais d’emprunts souscrits par les parents auprès de leur patron, dénonce la Confédération internationale des syndicats libres (CISL). Pour preuve, elle a diffusé à Bruxelles un film sur le travail dans des briqueteries près d’Islamabad réalisé lors d’une enquête syndicale. «Près de 7.000 des 17.000 travailleurs des 18 briqueteries recensées sur le site de Haripur sont en état d’esclavage, dont plusieurs familles exploitées depuis plus de 50 ans en raison de l’obligation de rembourser leur dette au propriétaire», affirme le rapport...