La coopération anti-drogue en Amérique latine commence à porter ses fruits et a permis «d’importantes saisies», a annoncé hier l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS). «La détermination des pays d’Amérique centrale et du Mexique à coopérer s’est traduite dans les faits, et l’action coordonnée a permis d’importantes saisies», note l’OICS dans son rapport annuel. L’OICS se dit particulièrement satisfait de l’adoption par l’Organisation des Etats américains (OEA), l’an dernier à Lima, d’une stratégie anti-drogue pour l’ensemble de l’hémisphère américain. En Amérique du Sud également, «les opérations transfrontières communes ont abouti à la saisie de quantités substantielles de drogues et au démantèlement d’organisations de trafiquants», selon le rapport qui note que «la plupart des Etats de la région ont conclu des accords bilatéraux ou multilatéraux d’entraide judiciaire». Les opérations transfrontières l’an dernier en Argentine, au Brésil, Chili, Paraguay et Uruguay ont abouti «à la saisie en 1996 de quantités de cannabis et de cocaïne de loin supérieures à celles des années passées», selon l’OICS. En Colombie, où s’est poursuivi «un vaste programme d’éradication des cultures illicites tout au long de 1997», les saisies de cocaïne durant le premier semestre 1997 ont quasiment atteint le total des saisies de l’année 1996 dans ce pays, selon l’OICS, qui ne fournit cependant pas de chiffre. Le Pérou demeure le premier producteur de feuilles de coca, suivi par la Colombie et la Bolivie mais, en raison «des migrations et de l’évolution du mode de vie des populations péruvienne et bolivienne, la pratique consistant à mâcher des feuilles de coca est en recul», selon l’OICS. Celui-ci «se réjouit de l’adoption au Mexique d’une stratégie globale de lutte contre le trafic des drogues et les activités criminelles connexes telles que le blanchiment de l’argent et le trafic d’armes», et note que plus de 11.000 personnes, dont des fonctionnaires et militaires de haut rang, ont été arrêtées dans ce pays entre septembre 1996 et août 1997 pour trafic de drogue. L’OICS note également que «la culture illicite du pavot semble avoir été considérablement réduite au Guatemala, en raison des actions d’éradication régulièrement menées». L’essentiel de la drogue produite en Amérique latine continue d’être destinée à l’Amérique du Nord et l’Europe, via les Caraïbes. Notant l’apparition de plus en plus fréquente de saisies de «petites quantités d’héroïne», l’OICS «craint que l’expansion du trafic d’héroïne dans les Caraïbes puisse faire tache d’huile, ce qui propagerait l’abus de cette drogue comme cela a été le cas avec la cocaïne». (AFP)
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