La 48e Berlinale, présidée par l’acteur britannique Ben Kingsley, fervent défenseur du cinéma européen, aura vu la victoire de David contre Goliath, celle du film brésilien «Central do Brasil» de Walter Salles pourtant en compétition avec des «poids lourds américains», tels Quentin Tarantino ou Barry Levinson. Avec une sélection particulièrement riche et de nombreux films européens, le film brésilien a su démontrer que le véritable cinéma ne se monte pas toujours à coups de millions de dollars mais avec une bonne idée, de bons acteurs, de la sincérité et du talent. «On ne fait pas de film sans intégrité du propos», avait déclaré Walter Salles au lendemain de la projection de «Central do Brasil». Le succès était prévisible. Le film s’était offert 20 minutes d’applaudissements nourris et d’émotion non contenue d’un public en général peu expansif avec l’histoire d’un petit garçon à la recherche de son père, accompagné d’une femme dure et intraitable qui évoluera peu à peu au cours de ce «road movie» à la brésilienne. Fernanda Montenegro, grande actrice brésilienne, a d’ailleurs été récompensée par un Ours d’argent pour ce rôle de femme rigide et féroce qui s’ouvre progressivement à l’autre au cours du voyage, de Rio aux régions désertiques du nord du Brésil. L’un, âgé de dix ans, est à la recherche de son père, l’autre, une femme mûre, est à la recherche d’elle-même. Elle ira vers une sorte de rédemption la libérant de cette méchanceté qu’elle porte en elle, lui vers ce père qu’il n’a jamais connu. Walter Salles a filmé avec beaucoup de sincérité le Brésil, sa violence, sa pauvreté parce que, dit-il «cela fait partie du quotidien et cela explique la violence latente de la vie brésilienne». Les «Goliaths» Goliath n’est tout de même pas oublié puisque le prix du jury est allé à «Wag the dog» de Barry Levinson, un film qui semble sorti tout droit et en direct de «CNN» tant il est d’actualité. Il s’agit de masquer une incartade sexuelle du président des Etats-Unis par tous les moyens. Cela donne l’occasion à Robert De Niro de faire un numéro remarquable en «conseiller très spécial en communication» et à Dustin Hoffman, d’ailleurs nominé aux Oscars, dans celui d’un producteur hollywoodien. Goliath encore, un Ours d’argent amplement mérité à l’acteur noir américain Samuel L. Jackson dans «Jackie Brown» de Quentin Tarantino où il incarne un trafiquant d’armes à la petite semaine qui veut récupérer son argent «gagné» au Mexique et se fait manipuler par les uns et les autres malgré «sa grande gueule». Le cinéma européen, pourtant très présent dans la sélection, a récolté quelques lauriers et notamment l’un des plus importants, celui de la réalisation à Neil Jordan pour «The butcher boy», l’histoire à la fois émouvante et fantastique d’un petit garçon à l’enfance particulièrement difficile. A noter que le thème de l’enfance malheureuse a été soulevé dans de nombreux films cette année à Berlin, qu’ils soient européens, australiens ou brésiliens. Le jeune acteur et scénariste Matt Damon, étoile montante d’Hollywood, a été récompensé pour son jeu et son scénario dans «Good Will Hunting», l’histoire d’un surdoué en maths, chaperonné par un très bon Robin Williams en mentor. Isabella Rosselini a une mention pour son apparition en «Ingrid Bergman II» dans «Left luggage» de Jeroen Krabbé, sa ressemblance avec sa mère étant tout à fait fascinante. Enfin, le cinéma français était à l’honneur puisque Catherine Deneuve a reçu, hors palmarès, un Ours d’or pour l’ensemble de sa carrière. Alain Resnais qui n’a pas pu se déplacer à Berlin a été honoré d’un Ours d’argent pour l’ensemble de son œuvre. Son film «On connaît la chanson» a été très bien accueilli à Berlin. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La 48e Berlinale, présidée par l’acteur britannique Ben Kingsley, fervent défenseur du cinéma européen, aura vu la victoire de David contre Goliath, celle du film brésilien «Central do Brasil» de Walter Salles pourtant en compétition avec des «poids lourds américains», tels Quentin Tarantino ou Barry Levinson. Avec une sélection particulièrement riche et de nombreux films européens, le film brésilien a su démontrer que le véritable cinéma ne se monte pas toujours à coups de millions de dollars mais avec une bonne idée, de bons acteurs, de la sincérité et du talent. «On ne fait pas de film sans intégrité du propos», avait déclaré Walter Salles au lendemain de la projection de «Central do Brasil». Le succès était prévisible. Le film s’était offert 20 minutes d’applaudissements nourris et...