La Hongrie accuse depuis la chute du communisme une très forte hausse de la consommation de drogue et est devenue un pays consommateur après avoir longtemps été un simple lieu de transit. Alors que l’an dernier, onze décès avaient été recensés comme étant directement liés à la drogue, quatre jeunes de Budapest âgés de 17 à 22 ans sont morts de surdose pendant les seuls premiers jours de cette année. Selon un rapport établi récemment par une commission parlementaire, le nombre de consommateurs réguliers atteint 150.000 personnes, dont 30.000 à 35.000 en état de dépendance. En 1989, à la veille de la chute du régime communiste, ce chiffre ne s’élevait qu’à 27.000 personnes. A l’époque, les drogues fortes étaient très peu consommées en raison des stricts contrôles aux frontières et à l’intérieur du pays. Les saisies sont également en augmentation dramatique, en hausse de 180% entre 1990 et 1996. Alors que les douaniers hongrois avaient saisi 6,3kg de drogue en 1990, ce chiffre a atteint 1.146 kg en 1996, en majorité de l’héroïne. Entre 1994 et 1996, les saisies d’amphétamine ont été multipliées par vingt: 317 pilules d’Esctasy étaient saisies en 1994, contre 5.818 en 1996. Les plus menacés sont les jeunes de 10 à 18 ans, l’Ecstasy étant disponible dans les discothèques et les dealers étant parfois leurs propres amis d’école, selon les experts. Verdicts sévères Selon un sondage réalisé dans un établissement scolaire de province, un lycéen sur cinq avoue consommer régulièrement de la drogue et un lycéen sur trois a déjà essayé une drogue. En décembre dernier, la police a arrêté à Budapest, pour distribution de drogue à l’école, trois lycéens en plein cours de mathématiques. Le rapport souligne également que «le système de réhabilitation et de traitement des drogués est à l’état d’embryon en Hongrie» et réclame l’établissement d’un nouvelle stratégie de lutte contre la drogue. Des experts précisent que la drogue a longtemps été considérée comme une affaire de police et que les autorités n’ont rien fait pour la prévention. L’augmentation de la consommation de drogue, celle du nombre de drogués et l’augmentation du nombre de personnes jugées pour trafic de drogue laissent prévoir que ce sujet sera l’un des principaux problèmes de société en Hongrie au tournant du siècle, selon Gabor Juhasz, président de la commission parlementaire. Si le nombre de personnes jugées dans un procès lié à la drogue n’est pas très élevé – 16 prévenus en 1990 et 179 en 1996 – les verdicts deviennent de plus en plus sévères: les peines de prison ont été doublées entre 1990 et 1996, à raison d’une moyenne de 2,3 ans en 1990 contre 4,7 ans en moyenne six années plus tard. Le trafic de drogue et sa production sont passibles d’une peine de 5 à 15 ans de prison. La possession pour consommation personnelle est passible de deux ans de prison et d’une amende. Une modification du code pénal, en 1993, prévoit que les drogués peuvent éviter la prison s’ils suivent une cure d’au moins six mois dans l’année de leur arrestation. (AFP)
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