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Actualités - Chronologie

Une hantise pour Ankara : la création d'un Etat kurde

La crise irakienne a ranimé en Turquie une vieille hantise: la création à sa frontière sud d’un Etat kurde, sous le parrainage des Occidentaux qui avaient déjà fait une tentative en ce sens au début du siècle. Cette fois, craint-on à Ankara, la naissance du Kurdistan résulterait d’un éclatement de l’Irak suite à une confrontation armée avec les Etats-Unis. «C’est notre préoccupation, une telle possibilité existe». «Nous devons être et serons toujours en alerte maximum face à une telle éventualité», a déclaré le premier ministre Mesut Yilmaz. La Turquie ne veut à aucun prix d’un Etat kurde dans le nord de l’Irak voisin car elle fait face à une rébellion séparatiste kurde dans le sud-est de son territoire. Ankara ne reconnaît pas le statut de minorité aux 8 à 12 millions de Kurdes vivant sur son territoire, car ils sont musulmans comme les Turcs. En exprimant sa préoccupation, M. Yilmaz a suivi son vice-premier ministre nationaliste Bulent Ecevit, qui prête depuis plusieurs jours aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne le noir dessein d’un redécoupage géographique de la région après l’élimination de Saddam Hussein. «Je ne crois pas qu’une superpuissance comme les Etats-Unis n’ait pas un plan pour l’après-guerre. Les Etats-Unis veulent diviser l’Irak pour créer un Etat satellite du Kurdistan sous leur contrôle», avait déclaré dimanche M. Ecevit. En même temps, selon lui, les Etats-Unis visent à «contrôler les prix du pétrole». Ces accusations ont été immédiatement démenties par Washington, qui a réitéré son attachement à l’intégrité territoriale de l’Irak. Depuis, M. Ecevit a déclaré accepter la mise au point américaine mais a aussitôt réorienté ses soupçons vers Londres, à la lumière de propos attribués par la presse britannique au secrétaire au Foreign Office, Robin Cook, selon lesquels une conséquence possible d’une action militaire américaine contre l’Irak pourrait être la division de ce pays. Ankara a demandé des explications à Londres, qui a démenti jeudi envisager un démembrement de l’Irak. «Nous soutenons l’intégrité territoriale de l’Irak et voudrions qu’il rejoigne la communauté internationale», a déclaré M. Cook, selon un communiqué diffusé par l’ambassade britannique à Ankara. La Grande-Bretagne est un éternel suspect pour les nationalistes turcs car d’une part elle était partie prenante au traité de Sèvres, signé en 1920 entre les puissances alliées victorieuses et l’empire Ottoman. Ce texte, qui a traumatisé les Turcs, consacrait le démembrement de l’empire et prévoyait la création à terme d’un «Kurdistan» indépendant. Celui-ci ne devait jamais voir le jour, le traité de Sèvres ayant été annulé et remplacé par celui de Lausanne en 1923, après la victoire sur la Grèce de Mustafa Kemal Ataturk, fondateur de la République turque. Lausanne ne prévoyait plus la naissance d’un Etat kurde. D’autre part, Londres s’était opposé en 1926 à ce que la Turquie conserve le nord de l’Irak, y compris la zone pétrolière de Kirkouk et Mossoul, ancienne possession ottomane. (AFP)
La crise irakienne a ranimé en Turquie une vieille hantise: la création à sa frontière sud d’un Etat kurde, sous le parrainage des Occidentaux qui avaient déjà fait une tentative en ce sens au début du siècle. Cette fois, craint-on à Ankara, la naissance du Kurdistan résulterait d’un éclatement de l’Irak suite à une confrontation armée avec les Etats-Unis. «C’est notre préoccupation, une telle possibilité existe». «Nous devons être et serons toujours en alerte maximum face à une telle éventualité», a déclaré le premier ministre Mesut Yilmaz. La Turquie ne veut à aucun prix d’un Etat kurde dans le nord de l’Irak voisin car elle fait face à une rébellion séparatiste kurde dans le sud-est de son territoire. Ankara ne reconnaît pas le statut de minorité aux 8 à 12 millions de Kurdes vivant sur...