30 ans après la première transplantation cardiaque du Dr Chris Barnard, un autre médecin sud-africain a l’ambition de réaliser une nouvelle première mondiale en clonant des êtres humains. Dans un entretien publié dans le journal sud-africain «The Star», le Dr Mohamed Cassim, qui travaille avec son équipe dans une clinique spécialisée de Johannesburg, affirme posséder les équipements et l’expertise nécessaires à la reproduction du matériel génétique humain. «Introduire le matériel génétique dans un ovule pour produire un clone est facile, mon fils pourrait le faire, dit le praticien. Avec la technologie que nous possédons dans notre laboratoire, c’est aussi facile à faire que de tricher sur certains contrôles». Selon le journal, quatre femmes stériles et souhaitant avoir des enfants sont disposées à autoriser le Dr Cassim à prélever du matériel génétique sur elles-mêmes ou leurs maris. «Il ne faut pas nous condamner d’avance, c’est trop facile pour les gens qui peuvent avoir des enfants de nous critiquer. Personne ne peut comprendre le calvaire de ceux qui ne peuvent pas avoir d’enfant», a déclaré l’une de ces femmes au journal sous le couvert de l’anonymat. Et la même femme d’ajouter qu’elle considérait le clonage comme un «ultime recours». Le couple n’a pas de préférence sur le point de savoir si le clone devrait être une réplique du mari ou de la femme, a-t-elle précisé. Interrogé sur l’article et les déclarations du médecin, un porte-parole de Mme Nkosazana Zuma, le ministre sud-africain de la Justice, a indiqué que le ministère n’avait pas été alerté sur cette affaire. Le Dr Cassim et son équipe ne pourront poursuivre leurs recherches qu’après avoir obtenu une autorisation du Conseil de l’ordre, a déclaré le porte-parole. «Le ministre prendra l’avis du Conseil de l’ordre. A cet stade il est encore trop tôt pour se pencher sur un projet de loi qui interdirait ces pratiques», a déclaré le porte-parole de Mme Zuma. L’Afrique du Sud ne possède pas de loi interdisant le clonage humain. Mais une expérience de ce type pourrait tomber sous le coup de la loi sur les tissus humains qui interdit les manipulations génétiques du sperme ou des ovules. «Le clonage ne va pas à l’encontre de la nature, il s’agit au contraire d’aider la nature», a encore déclaré le Dr Cassim. Le médecin a dit être opposé à une libéralisation complète du clonage qui devrait être strictement limité à l’assistance aux couples stériles, selon lui. Le précédent Dolly «Il y a une énorme résistance dans le monde au clonage et l’Afrique du Sud ne devrait pas faire exception. Nous avons connu la même chose avec les bébés-éprouvette», a noté le Dr Cassim. Le médecin Cassim a indiqué qu’il souhaitait présenter un projet de recherches officiel, si possible en coopération avec plusieurs universités. Il a précisé qu’il préparait à cette fin un rapport pour une commission d’éthique de l’Université du Witwatersrand de Johannesburg. Des scientifiques écossais avaient cloné il y a un an une brebis, Dolly, à partir d’une cellule de mamelle d’une brebis âgée de six ans et d’un ovule non fécondé. La technique du clonage consiste à prendre une cellule de l’animal à cloner. Son programme génétique, grâce notamment à une décharge électrique, est ensuite introduit dans un ovule dont les gènes d’origine ont été préalablement retirés. Puis un embryon est développé in vitro et plus tard implanté chez la mère porteuse chez laquelle la gestation se fait normalement. Les déclarations du Dr Cassim ont été accueillies avec prudence par la communauté scientifique d’Afrique du Sud. «Si des couples sont prêts à servir de cobayes pour ce genre d’expériences et si le gouvernement ne l’interdit pas, alors pourquoi pas», a déclaré le chef du département de génétique de l’Université du Witwatersrand, Trefor Jenkins.(AFP)
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