L’OTAN confirmera cette semaine le maintien de ses troupes en Bosnie, qui devient illimité dans le temps même si les alliés prennent soin d’inscrire leur troisième opération sur ce théâtre dans une perspective de retrait «à terme». Le premier déploiement de l’Alliance en Bosnie date de fin 95. Depuis, deux opérations ont été menées, la première (IFOR) avec 60.000 hommes, la deuxième (SFOR) avec 35.000 hommes, dont la mission s’achève fin juin. L’organisation s’apprête à rempiler une troisième fois, sans savoir cependant quand elle pourra se désengager définitivement d’un pays où il est demandé à trois communautés (serbe, croate et musulmane) de vivre ensemble. Le Conseil de l’OTAN, la plus haute instance politique, devrait commander vendredi un plan d’opération à ses militaires, après s’en être entretenu avec la Russie et les autres participants, non membres de l’Alliance. Selon des diplomates, ce plan inclura le maintien de troupes équivalentes à la SFOR (35.000 hommes) jusqu’aux élections présidentielle et législatives de septembre et une réduction graduelle ensuite en fonction de la situation. Toujours dirigée par un officier américain, la nouvelle force, appelée DFOR pour Force de dissuasion, continuera d’être multinationale. La coopération qui s’est établie en Bosnie entre l’OTAN et Moscou fonctionne bien et reste bénéfique pour l’avenir des relations bilatérales. A la différence de l’IFOR et de la SFOR, la nouvelle force n’aura pas de fin de mandat. Plutôt que se fixer des échéances intenables , les alliés ont préféré choisir une révision régulière de leur dispositif selon les résultats obtenus sur le terrain. Risque d’enlisement Cette politique induit inévitablement un risque d’enlisement, même si les alliés s’en défendent. «Il y a permanence, pas enlisement», assure un diplomate, reconnaissant toutefois que ce «danger existe». De facto, les destins de l’OTAN et de la Bosnie sont étroitement liés. L’Alliance, qui a retrouvé une raison d’être après une période d’incertitude liée à la fin de la guerre froide, ne peut se permettre un échec pour sa première opération terrestre menée depuis sa création en 1949. La Bosnie «est un formidable laboratoire» pour tester des procédures, des états-majors, des hommes, issus d’une trentaine de pays, soulignent les militaires. Pour ces derniers, rien ne remplace une opération réelle. Le théâtre bosniaque s’avère de plus sans grand risque. Les pertes humaines, limitées jusqu’à présent, se sont produites principalement dans des accidents de la circulation. Dans le passé, les alliés s’étaient déjà engagés en faveur d’une réduction de leurs troupes en Bosnie, sans avoir pu jamais la réaliser. En décembre, la SFOR devait ainsi se transformer en simple force de dissuasion, mais la situation avait alors été jugée trop «volatile». En raison d’élections en septembre et du nécessaire accompagnement du retour des réfugiés, une réduction importante d’hommes s’avère à nouveau impossible à la fin de la mission de la SFOR, en juin. Tous les espoirs des diplomates reposent désormais sur un bon déroulement des scrutins de septembre, qui pourraient faire enfin apparaître des responsables modérés dans un pays dominé par les courants nationalistes. Il n’est pas dit cependant que ce désir sera comblé. Les alliés refusent toujours une opération risquée pour arrêter l’ancien chef des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, recherché pour crimes de guerre et symbole du refus de la paix. En dépit d’un nouveau gouvernement ouvert à l’application de l’accord de Dayton, les ultranationalistes serbes continuent de tenir plusieurs grandes villes en Republika Srpska, relèvent les militaires sur le terrain. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’OTAN confirmera cette semaine le maintien de ses troupes en Bosnie, qui devient illimité dans le temps même si les alliés prennent soin d’inscrire leur troisième opération sur ce théâtre dans une perspective de retrait «à terme». Le premier déploiement de l’Alliance en Bosnie date de fin 95. Depuis, deux opérations ont été menées, la première (IFOR) avec 60.000 hommes, la deuxième (SFOR) avec 35.000 hommes, dont la mission s’achève fin juin. L’organisation s’apprête à rempiler une troisième fois, sans savoir cependant quand elle pourra se désengager définitivement d’un pays où il est demandé à trois communautés (serbe, croate et musulmane) de vivre ensemble. Le Conseil de l’OTAN, la plus haute instance politique, devrait commander vendredi un plan d’opération à ses militaires, après...