La Turquie a appelé la Grèce à un règlement pacifique des différends bilatéraux en mer Egée, demandant l’organisation avant fin mars d’une réunion entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays, a annoncé la diplomatie turque. Le ministre turc des Affaires étrangères Ismail Cem a remis une note à l’ambassadeur de Grèce à Ankara, Dimitrios Nezeritis, formulant cinq propositions pour un règlement en Egée, selon un communiqué du ministère. Les propositions turques La Turquie propose: – Une définition commune par les deux pays des différends en mer Egée. – L’officialisation de «l’accord de Madrid» conclu en juillet 1997 en marge d’une réunion de l’OTAN à l’initiative du secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright. – La convocation du «groupe des Sages», désigné par les deux pays et chargé de proposer des solutions aux différends bilatéraux. – La tenue d’une réunion à haut niveau entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays avant fin mars à Ankara ou à Athènes. «J’espère que la Grèce montrera qu’elle est conciliante et pacifique comme la Turquie. Une réponse favorable de la Grèce à ces propositions permettra aux deux pays de montrer leur bonne volonté auprès de la communauté internationale (...) Nous (la Turquie) présentons la situation à l’attention de toutes les parties concernées et de la communauté internationale», a dit M. Cem, en recevant l’ambassadeur grec. «Le fait que les différends concernant la mer Egée restent en suspens fait monter la tension dans les relations bilatérales, ce qui pourrait entraîner une escalade des incidents» en Egée, lit-on dans la note turque, selon le communiqué du ministère. Une mer fermée Selon Ankara, les différends turco-grecs en Egée portent principalement sur la revendication grecque de 10 milles d’espace aérien, l’intention d’Athènes de porter ses eaux territoriales à 12 milles, la délimitation du plateau continental des deux pays en Egée et la situation de certains îlots dont le statut n’est pas clairement défini par les accords bilatéraux ou internationaux. Ankara rejette la revendication de 10 milles d’espace aérien en Egée de la Grèce, estimant que selon les accords internationaux cet espace coïncide avec les eaux territoriales, c’est-à-dire six milles. Ankara refuse également une extension à 12 milles des eaux territoriales grecques, à laquelle Athènes se réserve le droit de procéder aux termes de la Convention internationale du droit de la mer de 1994, que la Turquie n’a pas signée. La Turquie affirme que l’Egée est une mer semi-fermée et qu’une extension à 12 milles des eaux grecques réduirait dramatiquement ses possibilités d’utilisation de cette mer. Le «groupe des Sages» avait été créé en avril 1997 sous la présidence néerlandaise de l’Union européenne mais il n’a pu se réunir jusqu’à présent en raison de refus mutuels. Ankara et Athènes sont également en désaccord quant à l’utilisation des ressources sous-marines de l’Egée. Selon Athènes, il n’existe qu’un seul différend en Egée, celui sur la délimitation du plateau continental, les autres problèmes étant dus à des «revendications turques sur les droits grecs». Le risque d’un conflit armé La Turquie et la Grèce avaient frôlé le conflit armé fin janvier 1996, à propos de la souveraineté sur deux îlots rocheux inhabités de l’est de l’Egée, Kardak pour la Turquie, Imia pour la Grèce, que les deux pays revendiquent. Le conflit avait été évité grâce à une initiative du président américain Bill Clinton. (AFP)
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