Une frappe militaire contre l’Irak provoquerait une hausse momentanée du prix du pétrole, ont estimé des experts présents au Caire pour un Sommet international sur le pétrole et le gaz. «Le sort du pétrole dépend de ce qui se passera en Irak, qui exporte actuellement 800.000 barils par jour», a déclaré M. Fadhil Chalabi. Cet ancien sous-secrétaire au Pétrole irakien et vice-directeur général de l’OPEP jusqu’en 1988, dirige à Londres le Centre for Global Energy Studies fondé par l’ancien ministre du Pétrole séoudien cheikh Ahmed Yamani. «Si l’Irak cesse d’exporter à cause de la guerre ou d’une décision de son gouvernement, toujours imprévisible, cela améliorera le marché. S’il accepte le doublement de ses exportations proposé par l’ONU, le prix du pétrole baissera», explique-t-il en insistant sur la faiblesse actuelle du marché où l’offre dépasse largement la demande. Le prix moyen du baril est d’environ 15 USD. «Tout dépendra de la frappe, de son envergure et de sa localisation», poursuit-il. «Apparemment, elle viserait surtout les sites présidentiels, pas les installations pétrolières. L’Irak pourra donc physiquement continuer d’exporter, mais plusieurs problèmes se poseront». Ainsi, les observateurs de l’ONU chargés de surveiller les exportations de pétrole seront peut-être rapatriés ou obligés de partir. Or, leur rôle est essentiel pour que l’ONU autorise l’Irak à vendre son pétrole en dérogation à l’embargo total qui le frappe depuis son invasion du Koweit en août 1990. «Si le pétrole venant de la région de Kirkouk (nord de l’Irak) peut toujours être contrôlé à l’autre bout de l’oléoduc qui le transporte via la Turquie, ce n’est pas le cas pour le pétrole de Bassorah (Sud)», souligne M. Chalabi. En outre, la capacité de production et d’exportation est réduite, après sept ans de fermeture et les destructions de la guerre de 1991, surtout dans le Sud. M. Chalabi l’estime «au maximum à 1,4 million de b/j». «Même si Bagdad accepte la proposition de doubler ses exportations de pétrole, qui correspond à 2 mbj d’exportations au prix actuel, il n’en a pas la capacité», selon M. Chalabi. La pression psychologique «Il faudrait notamment investir pour réparer l’oléoduc stratégique traversant l’Irak qui permettrait de compléter la production insuffisante de Kirkouk avec celle de Bassorah», juge-t-il. Pour le professeur Alexander Kemp, directeur du centre d’experts sur le pétrole de l’Université d’Aberdeen en Ecosse, «l’effet immédiat d’une frappe pourrait être une hausse du prix du pétrole en raison des incertitudes du marché sur l’étendue que pourrait prendre le conflit. Ensuite, il redescendrait car les données fondamentales demeureront les mêmes». Certes, «il y a une possibilité que des installations soient endommagées. Mais nous allons vers le printemps, où la demande de pétrole est basse et les stocks élevés», selon M. Kemp. Hani al-Ghawas, coordinateur pour la planification stratégique à la Kuwait Petroleum Corporation, est d’accord avec lui mais pense qu’après la décrue le prix du pétrole «resterait un peu plus élevé, à 1 ou 1,5 dollar de plus qu’aujourd’hui». Une frappe sur l’Irak modifierait, selon lui, «l’équation entre l’offre et la demande, en supprimant la pression psychologique qui pèse sur le prix, liée notamment aux dépassements de quotas par les pays de l’OPEP». M. Ghawas différencie une frappe limitée d’un conflit plus long «où d’autres parties s’impliqueraient». «Dans le premier cas, les effets seront jugulés rapidement mais dans le second, le prix du pétrole montera davantage», estime-t-il. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une frappe militaire contre l’Irak provoquerait une hausse momentanée du prix du pétrole, ont estimé des experts présents au Caire pour un Sommet international sur le pétrole et le gaz. «Le sort du pétrole dépend de ce qui se passera en Irak, qui exporte actuellement 800.000 barils par jour», a déclaré M. Fadhil Chalabi. Cet ancien sous-secrétaire au Pétrole irakien et vice-directeur général de l’OPEP jusqu’en 1988, dirige à Londres le Centre for Global Energy Studies fondé par l’ancien ministre du Pétrole séoudien cheikh Ahmed Yamani. «Si l’Irak cesse d’exporter à cause de la guerre ou d’une décision de son gouvernement, toujours imprévisible, cela améliorera le marché. S’il accepte le doublement de ses exportations proposé par l’ONU, le prix du pétrole baissera», explique-t-il en insistant...