Un film sur les conséquences de la guerre couronné à Teheran
le 13 février 1998 à 00h00
Un film sur les conséquences psychologiques et sociales de la guerre contre l’Irak a récolté les premiers prix du festival du cinéma de Téhéran, alimentant le vif débat sur les orientations du cinéma iranien. «L’Agence de verre», du réalisateur Ebrahim Hatami-Kia, a raflé les prix du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleurs seconds rôles masculin et féminin, ainsi que les premiers prix pour le scénario, le montage et la bande musicale. Le long métrage était en compétition avec 21 autres films pour le 16e festival «Fajr» (Aurore) de Téhéran, dont la tenue coïncide chaque année avec l’anniversaire de la révolution islamique de 1979. Le film traite du thème ultrasensible des Bassidji, les miliciens volontaires islamistes qui ont combattu pendant huit ans contre l’Irak sans marchander leurs souffrances, et se retrouvent aujourd’hui délaissés dans une société de plus en plus matérialiste et dominée par l’argent. Si l’histoire est en phase avec l’idéologie conservatrice, elle se démarque toutefois des films de guerre iraniens traditionnels exaltant le «martyre» des victimes de la «guerre imposée par l’Irak», selon la phraséologie officielle. L’histoire est centrée sur un homme qui, faute d’aide du gouvernement, en est réduit à réaliser une prise d’otages dans une agence de voyages pour obtenir un billet d’avion pour un ami ancien combattant, grièvement blessé, qui doit se faire opérer à Londres. Le quotidien conservateur «Ressalat» a qualifié le film de «miracle artistique, qui ne va pas manquer d’être attaqué par les médias occidentaux et ceux qui veulent occidentaliser la société iranienne». Le film exalte «les Bassidji sacrifiés, en conflit avec le libéralisme agressif», écrit le journal, se référant implicitement au climat d’ouverture culturelle entraîné par l’élection en mai dernier du président Mohammad Khatami. Un critique étranger, présent au festival, a toutefois exprimé, sous condition d’anonymat, sa déception de voir autant récompensé un film à ses yeux «très inspiré de productions américaines» et un producteur surtout connu pour des films de guerre en phase avec la ligne du régime. (AFP)
Un film sur les conséquences psychologiques et sociales de la guerre contre l’Irak a récolté les premiers prix du festival du cinéma de Téhéran, alimentant le vif débat sur les orientations du cinéma iranien. «L’Agence de verre», du réalisateur Ebrahim Hatami-Kia, a raflé les prix du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleurs seconds rôles masculin et féminin, ainsi que les premiers prix pour le scénario, le montage et la bande musicale. Le long métrage était en compétition avec 21 autres films pour le 16e festival «Fajr» (Aurore) de Téhéran, dont la tenue coïncide chaque année avec l’anniversaire de la révolution islamique de 1979. Le film traite du thème ultrasensible des Bassidji, les miliciens volontaires islamistes qui ont combattu pendant huit ans contre l’Irak sans marchander leurs...
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