La jeune femme au centre du scandale touchant la Maison-Blanche, Monica Lewinsky, se présentera devant le «grand jury» enquêtant sur sa liaison présumée avec le président Bill Clinton, a affirmé mardi son avocat. «Elle ne bravera pas un ordre» de justice (...) elle fera ce qu’elle a à faire, a déclaré William Ginsburg à des journalistes alors qu’il arrivait à son bureau de Los Angeles. Mais, excluant que sa cliente puisse se nuire à elle-même, M. Ginsburg a ajouté que Mlle Lewinsky utiliserait «tous ses droits constitutionnels». L’avocat faisait apparemment référence au 5e amendement de la Constitution, qui permet à un témoin de ne pas s’auto-incriminer. M. Ginsburg n’a toujours pas obtenu en échange de son témoignage l’immunité judiciaire pour sa cliente et cherchait encore à faire retarder la comparution de Mlle Lewinsky, prévue jeudi devant un grand jury (Chambre de mise en accusation) à Washington. Mardi, la mère de Monica Lewinsky, Marcia Lewis, s’est rendue au tribunal fédéral de Washington pour y être interrogée par le même grand jury, son avocat ayant en vain dans la matinée cherché à bloquer cette comparution. Elle y est restée près de trois heures, avant d’en ressortir sans un mot pour la presse. Marcia Lewis, 49 ans, est présentée par ses proches comme la confidente de sa fille Monica, 24 ans. Les deux femmes vivaient ensemble dans un appartement de la résidence du Watergate à Washington, perquisitionnée par le FBI le mois dernier. Le procureur indépendant Kenneth Starr s’est lui aussi rendu mardi pendant une heure au tribunal fédéral de la capitale. MM. Starr et Ginsburg négocient depuis plus de deux semaines une immunité pour Mlle Lewinsky. Selon M. Ginsburg, M. Starr lui aurait accordé celle-ci le 2 février dans une lettre, avant de changer d’avis. L’affaire porte sur des allégations selon lesquelles Bill Clinton aurait eu une liaison de 15 mois avec cette ancienne stagiaire de la Maison Blanche, et lui aurait demandé de mentir à la justice à ce sujet. Le flot de «fuites» Mlle Lewinsky a démenti toute relation sexuelle avec le président dans une déposition sous serment dans le cadre du procès civil intenté par Paula Jones contre le président. Mais dans des conversations enregistrées à son insu par une amie, Linda Tripp, elle a, selon la presse, longuement raconté sa prétendue liaison avec le président. De son côté, M. Clinton a démenti plusieurs fois avec eu des relations sexuelles avec Lewinsky et affirmé qu’il n’avait jamais demandé à quiconque de mentir. La déposition de Mlle Lewinsky avait déjà été reportée il y a deux semaines, peu après que le scandale eut éclaté le 21 janvier. Selon des informations de presse, si elle obtenait l’immunité, elle accepterait de reconnaître dans son témoignage avoir eu une liaison avec M. Clinton mais pas qu’il lui ait demandé de la nier, une accusation bien plus grave et susceptible d’une procédure de destitution. Sur un autre front de l’affaire Lewinsky, l’avocat personnel du président, David Kendall, a déposé lundi une plainte en justice pour tenter d’arrêter le flot de «fuites», orchestrées selon lui par le bureau du procureur indépendant. L’argumentaire de M. Kendall est scellé et le contenu gardé secret, mais selon la Maison-Blanche, il devait réclamer une enquête et peut-être des sanctions contre le procureur Starr. Selon la loi, les témoignages des personnes citées à comparaître devant la Chambre de mise en accusation et les dépositions écrites doivent rester secrets et tant ces personnes que les procureurs sont tenus à une totale obligation de réserve. Mais les médias ont obtenu des détails sur ces témoignages, et les collaborateurs du président affirment qu’ils leur ont été transmis — de manière anonyme — par les services du procureur Starr. Ces fuites avaient amené par ailleurs les avocats du président à demander l’avancement du procès pour harcèlement sexuel intenté par Paula Jones contre M. Clinton. Le juge en charge de ce dossier a toutefois refusé mardi d’accéder à cette demande et a maintenu le procès au 27 mai. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La jeune femme au centre du scandale touchant la Maison-Blanche, Monica Lewinsky, se présentera devant le «grand jury» enquêtant sur sa liaison présumée avec le président Bill Clinton, a affirmé mardi son avocat. «Elle ne bravera pas un ordre» de justice (...) elle fera ce qu’elle a à faire, a déclaré William Ginsburg à des journalistes alors qu’il arrivait à son bureau de Los Angeles. Mais, excluant que sa cliente puisse se nuire à elle-même, M. Ginsburg a ajouté que Mlle Lewinsky utiliserait «tous ses droits constitutionnels». L’avocat faisait apparemment référence au 5e amendement de la Constitution, qui permet à un témoin de ne pas s’auto-incriminer. M. Ginsburg n’a toujours pas obtenu en échange de son témoignage l’immunité judiciaire pour sa cliente et cherchait encore à faire retarder la...