L’Italie et Jean-Paul II accueillent aujourd’hui le président russe Boris Eltsine pour une visite de 48 heures qui doit renforcer les liens économiques et politiques bilatéraux et relancer le dialogue entre la papauté et le patriarcat de Moscou. Rome et Moscou ont mis en avant l’«entente particulière» existant entre leurs deux pays pour souligner l’importance de cette visite. L’Italie «a été le premier pays à se battre pour que Moscou soit admis dans le groupe des grands pays industrialisés, le G-7 aujourd’hui G-8», a souligné Boris Eltsine devant la presse italienne à la veille de son départ de Moscou. «Nous lui en sommes reconnaissants», a-t-il ajouté. «Beaucoup avaient oublié que la Russie était un pays européen mais pas les Italiens qui sont arrivés tout de suite en nous disant, faisons des affaires», a expliqué M. Eltsine parlant de la fin du régime soviétique. «Nous nous comprenons bien, nous nous parlons souvent», a-t-il souligné. Il a indiqué que sa visite aura «un contenu concret» et qu’il apportait avec lui «toute une série de programmes importants». Il a notamment cité l’accord de joint-venture entre Fiat et GAZ pour la production de 150.000 voitures par an à partir de fin 1998. L’Italie est le deuxième partenaire commercial de la Russie en Europe après l’Allemagne. Le moment fort sur le plan politique aura lieu mardi avec la signature entre M. Eltsine et le président du Conseil italien Romano Prodi d’une série d’accords bilatéraux dont un «plan d’action». Ce dernier est qualifié par les Russes de «document unique» que la Russie n’a encore signé avec aucun pays d’Europe. «Ce sera un accord, un traité avec des engagements précis», a dit M. Eltsine. Le programme de la visite Pour sa première visite de l’année, Boris Eltsine voyagera avec sa femme Naina et sa fille Tatiana. La délégation qui doit arriver lundi à 14h00 (13h00 GMT) à l’aéroport Fiumicino sera logée au Grand Hôtel. Elle comprendra notamment le premier vice-premier ministre Boris Nemtsov, le ministre des Affaires étrangères Evgueni Primakov, la présidente du comité gouvernemental pour les PME, Irina Khakamada, ainsi que des gouverneurs dont ceux de Saint-Petersbourg et Nijni-Novgorod, des directeurs des banques Vnechtorgbank, Vnechekonombank et Inkombank, et le président de GAZ Nikolai Pouguine. M. Eltsine sera reçu à 16h30 par le président de la République italienne Oscar Luigi Scalfaro au Quirinale. Mardi à 10h00, le chef du Kremlin sera reçu au palais Chigi par Romano Prodi et un point de presse suivra. A 11h30 il rendra hommage au soldat inconnu sur la Place de Venise, puis aura un déjeuner de travail avec M. Prodi vers 12h30 à la villa Madame. A 17h30 il rencontrera le pape au Vatican avant de se rendre à un dîner offert par M. Scalfaro. Mercredi 11, à 11h00, M. Eltsine participera avec M. Prodi à une réunion d’hommes d’affaires italiens et russes à son hôtel. Un déjeuner sera ensuite offert par M. Prodi au palais Chigi avant le départ pour Moscou prévu à 14h00. M. Eltsine abordera également avec les dirigeants italiens les questions internationales comme l’Irak, la sécurité en Europe avec l’élargissement de l’OTAN et la réforme du Conseil de Sécurité de l’ONU. Sa rencontre avec Jean-Paul II sera également importante car il jouera auprès de lui un rôle inédit de médiateur dans la crise entre les églises catholique et orthodoxe pour aider notamment à l’organisation d’un sommet avec le patriarche Alexis II qui avait été prévu en juin et annulé au dernier moment. Boris Eltsine a qualifié le pape à la veille de son voyage «d’homme sage et éclairé» et s’est dit «extrêmement intéressé de parler avec lui dans cette période qui précède un nouveau millénaire». «Avec notre église, il y a certes des frictions mais nous sommes prêts à en discuter», a-t-il dit aux journalistes italiens. «C’est probable que sur certains points les positions seront différentes mais il n’y a rien de mal à cela. J’expliquerais comme la Russie a changé depuis 1991 et je pense que notre rencontre sera un succès», a-t-il affirmé. (AFP)
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