Sept ans après avoir applaudi les missiles irakiens tirés sur Israël, les Palestiniens se sont abstenus d’appeler Saddam Hussein à détruire l’Etat hébreu lors de la crise opposant Bagdad à l’ONU. De nombreux Palestiniens ont vénéré le leader irakien pour avoir terrifié les Israéliens par ses tirs de SCUD en 1991 contre l’Etat hébreu, mais l’Autorité de M. Yasser Arafat et la population des territoires ont fait preuve de prudence face aux récentes menaces des Etats-Unis de lancer une attaque militaire contre l’Irak. Des rassemblements pacifiques de solidarité avec le peuple irakien, plutôt qu’avec Saddam Hussein, ont remplacé dans les territoires palestiniens les violentes manifestations qui appelaient à la destruction d’Israël lors de la guerre du Golfe en 1991. Des centaines de Palestiniens représentant les différentes formations politiques et islamiques dans les territoires, réunis dans le cadre du «comité national pour le soutien de l’Irak», ont dénoncé dans un message au Conseil de Sécurité de l’ONU «l’embargo imposé à l’Irak et les menaces américaines contre ce pays». Quelque 500 enfants palestiniens ont défilé à Ramallah en Cisjordanie pour soutenir les enfants d’Irak et réclamer la levée des sanctions internationales. Les chants anti-israéliens et les slogans appelant Saddam Hussein à tirer des SCUD sur Tel-Aviv, si populaires en 1991, n’ont pas été entendus lors des récentes manifestations. Cheikh Hamed Betaoui, membre de la Ligue des Oulémas palestiniens, a appelé au soutien de l’Irak mais sans mentionner une quelconque attaque contre Israël. «Soutenir l’Irak est un devoir religieux et humain, et nous devons montrer notre solidarité avec ce pays», a-t-il dit. Attitude rationnelle Youssef Adawi, qui a organisé une manifestation pro-irakienne dans un camp de réfugiés près de Bethléem en Cisjordanie, a déclaré que cette initiative était destinée à marquer «la solidarité avec l’Irak et à dénoncer les menaces américaines d’attaquer ce pays arabe». Les dirigeants de l’Autorité palestinienne n’ont même pas mentionné Israël dans leurs récentes déclarations hostiles à une confrontation militaire dans la région. Cette attitude, qui tranche avec les réactions violentes des Palestiniens lors de la guerre du Golfe, marque «un passage d’une attitude émotionnelle à une attitude plus rationnelle», a expliqué le ministre de l’Education Hanane Achraoui. «Nous voulons désormais être des partenaires dans un quelconque règlement du conflit (…) car tout développement en Irak aura des répercussions sur les Palestiniens», a déclaré Mme Achraoui. Crainte d’une déstabilisation «Une frappe militaire contre l’Irak va déstabiliser l’ensemble de la région», a averti le ministre, qui a critiqué la politique de deux poids, deux mesures poursuivie par Washington à l’égard de l’Irak et d’Israël. «Les Etats-Unis exigent de l’Irak de se conformer aux résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU et menacent de l’attaquer. Mais pourquoi n’en feraient-ils pas autant avec Israël pour le pousser à honorer ses engagements et appliquer les résolutions internationales», s’est interrogée Mme Achraoui. Le processus de paix israélo-palestinien est en panne depuis 11 mois en raison du refus de l’Etat hébreu d’appliquer les accords sur l’autonomie, tant que les Palestiniens n’auront pas rempli une longue série de conditions, dont le démantèlement des mouvements intégristes, responsables de la plupart des attentats anti-israéliens. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Sept ans après avoir applaudi les missiles irakiens tirés sur Israël, les Palestiniens se sont abstenus d’appeler Saddam Hussein à détruire l’Etat hébreu lors de la crise opposant Bagdad à l’ONU. De nombreux Palestiniens ont vénéré le leader irakien pour avoir terrifié les Israéliens par ses tirs de SCUD en 1991 contre l’Etat hébreu, mais l’Autorité de M. Yasser Arafat et la population des territoires ont fait preuve de prudence face aux récentes menaces des Etats-Unis de lancer une attaque militaire contre l’Irak. Des rassemblements pacifiques de solidarité avec le peuple irakien, plutôt qu’avec Saddam Hussein, ont remplacé dans les territoires palestiniens les violentes manifestations qui appelaient à la destruction d’Israël lors de la guerre du Golfe en 1991. Des centaines de Palestiniens...