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Actualités - Conferences Et Seminaires

Conférence de Boutros Labaki sur la nouvelle carte sociale du Liban

M. Boutros Labaki, vice-président du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), a tenu hier au Club culturel arabe, une conférence sur le thème de «la nouvelle carte sociale du Liban». Au cours de son intervention, M. Labaki a présenté les bases principales de la société libanaise: «Le citoyen libanais n’appartient pas uniquement à une société, mais à plusieurs structures qui forment l’ensemble de cette société: la famille, la communauté religieuse, la catégorie socio-professionnelle et la région». Evoquant la famille, le vice-président du CDR a déclaré qu’avec «le développement économique, professionnel et culturel et avec l’exode rural cette structure s’est affaiblie». Il a souligné qu’il «ne s’agit pas de la famille nucléaire, mais de la famille-tribu». Et d’ajouter qu’après la guerre de 1975 «on assiste a une recrudescence des ligues familiales qui est due à un manque de confiance dans les institutions religieuses ou publiques». Evoquant les communautés religieuses, M. Labaki a souligné leur développement «par le biais des associations caritatives et des écoles». «Quand les communautés se dotent d’instances juridiques elles deviennent plus importantes», a-t-il poursuivi. Et d’ajouter: «Ce fut le cas des chiites sous le mandat français». Dans le même cadre, M. Labaki a déclaré que «le nombre des associations caritatives appartenant aux communautés religieuses a doublé après la guerre, à part celles qui relèvent des syriaques et des juifs». Le vice-président du CDR a déclaré que «contrairement a ce que pense la majorité des Libanais, les chrétiens étaient les principaux bénéficiaires (de la situation) sous l’Empire Ottoman». «Leur développement a été possible grâce aux contacts qu’ils avaient avec l’Occident», a-t-il poursuivi. Il a cité en exemple, «le développement culturel des chrétiens grâce aux missionnaires étrangers». M. Labaki a souligné que «les musulmans étaient, par contre, les bénéficiaires sous le mandat français grâce à la création en masse d’écoles publiques, dans les régions rurales, où les missions chrétiennes ne s’étaient pas installées». D’autre part, «la bourgeoisie chrétienne, selon M. Labaki, gênait les mandataires». «De plus, sur le plan économique, durant la présence des Français, les taxes ont été unifiées», a-t-il ajouté. «Le mandat a rééquilibré donc la balance entre les communautés religieuses du pays», a-t-il expliqué. M. Labaki a également estimé qu’avec l’indépendance, «le mécanisme déclenché par les Français s’est poursuivi». Les écoles musulmanes sont passées de 41 en 1920 à 300 en 1978, et 652 écoles en 1994. Quant aux écoles chrétiennes, elles étaient 535 en 1978 et leur nombre a reculé durant la guerre pour atteindre 514 en 1994. Au début, en 1924, 84% des élèves de l’école publique étaient des musulmans tandis que 84% des élèves du secteur privé étaient chrétiens. M. Labaki a noté que «la croissance démographique a connu une baisse entre 1958 et 1987, notamment chez les citadins sunnites et catholiques». «La tendance actuelle du taux de natalité est en baisse chez les deux communautés», a-t-il poursuivi. Le vice-président du CDR a souligné que «durant la guerre les chrétiens ont vécu une situation plus difficile que les musulmans». «Le nombre des déplacés chrétiens atteint les 680 mille contre 167 mille musulmans», a-t-il noté. Se penchant sur les catégories socio-professionnelles, M. Labaki a déclaré qu’«en 1953 la classe pauvre formait 78% de la population et détenait 20% des richesses; la classe moyenne formait 20% de la population et détenait 80% des richesses, tandis que la classe riche constituait 2% de la population». «En 1974, on assiste à une augmentation de la classe moyenne et de la classe riche et à une baisse de la classe pauvre», a-t-il noté. Après la guerre, notamment en 1994, des statistiques locales et internationales (faites par la Banque mondiale) ont été publiées. M. Labaki a souligné, à ce propos, que «ces statistiques faites pour différentes raisons et sur différents échantillons montrent les mêmes tendances: le développement social et les revenus sont à la hausse par rapport aux années précédentes». Il a cité l’exemple suivant: «Les salaires des ménages de plus de 1000 dollars (au taux de 1995) ont augmenté; ils formaient 22% des revenus en 1973, 19% en 1974, 41% en 1994 et 48% en 1995». Se penchant sur la situation des régions, le vice-président du CDR a souligné qu’avant 1975, «les citadins appartenant à des communautés religieuses différentes se fréquentaient plus». Il a ajouté qu’après la guerre, «beaucoup de ces citadins de communautés différentes ne se rencontrent plus». Selon une étude récente faite pour les transports en commun, a-t-il souligné, il a été remarqué que la plupart des usagers «se déplacent à l’intérieur d’une région et non d’une région à l’autre». Il a déclaré que «la division des communautés selon les régions a pris de l’ampleur durant la guerre». Et d’ajouter que «le développement des liens entre les communautés se faisait grâce à l’exode rural, au développement économique et culturel et au flux de capitaux entre les régions». M. Labaki a dit que «depuis le début du siècle le Liban connaît un développement structurel sur le plan socio-économique malgré la crise qui a commencé en 1995». Il a noté que «cette crise économique est due à la hausse de la dette publique, à la crise de l’immobilier et à l’impasse du processus de paix». «Il faut beaucoup de temps pour voir ce changement structurel s’opérer», a-t-il souligné en conclusion.
M. Boutros Labaki, vice-président du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), a tenu hier au Club culturel arabe, une conférence sur le thème de «la nouvelle carte sociale du Liban». Au cours de son intervention, M. Labaki a présenté les bases principales de la société libanaise: «Le citoyen libanais n’appartient pas uniquement à une société, mais à plusieurs structures qui forment l’ensemble de cette société: la famille, la communauté religieuse, la catégorie socio-professionnelle et la région». Evoquant la famille, le vice-président du CDR a déclaré qu’avec «le développement économique, professionnel et culturel et avec l’exode rural cette structure s’est affaiblie». Il a souligné qu’il «ne s’agit pas de la famille nucléaire, mais de la famille-tribu». Et d’ajouter...