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Actualités - CHRONOLOGIE

Haroun Tazieff, maître des volcans, n'est plus

Le volcanologue français Haroun Tazieff est mort lundi soir à Paris à l’âge de 83 ans. Le volcanologue est décédé dans une clinique parisienne des suites d’une maladie, a-t-on indiqué auprès de son entourage sans autre précision. Grand prêtre des volcans mais aussi saboteur de trains, agronome, écologiste, alpiniste, peintre, boxeur, rugbyman, vulgarisateur de génie et ministre iconoclaste, Haroun Tazieff a fait le premier découvrir au public le grandiose spectacle d’un cratère en colère. Qu’un monstre entre en éruption dans le monde et ce «fonceur» au tempérament de feu et à l’accent rocailleux se précipitait à son chevet, observait, analysait, expliquait, filmait. Ses yeux bleus, son visage buriné, son franc-parler et sa charpente de sportif étaient devenus indissociables des volcans. Il a pourtant attendu de longues années avant de rencontrer ses bouillants compagnons. Enfant, il ne pense qu’aux immensités glacées. Il veut explorer les pôles. Mais le destin du petit Haroun, né à Varsovie en mai 1914, va l’entraîner en Belgique, puis en Afrique. Son père, un médecin russe, meurt au début de la Première Guerre mondiale. Haroun suit alors sa mère, une Polonaise, chimiste, sociologue, philosophe, peintre et «passionaria» de la Révolution russe, à Petrograd (Saint-Petersbourg) et Tiflis puis à Gembloux, en Belgique, où la famille se réfugie en 1920. Passionné de géologie, il prépare un diplôme d’ingénieur agronome et devient forestier dans le Grand Nord. Assistant d’entomologie à l’Institut d’agronomie de Gembloux, il découvre aussi l’alpinisme et rencontre, en août 1939, au pied du Mont-Blanc, celle qui deviendra sa femme 18 ans plus tard. Puis, la guerre éclate. Il s’engage. Puis vient la Résistance. La nuit, il fait exploser les trains allemands. Le jour, l’étudiant-saboteur suit les cours de l’Ecole des mines de Liège (Belgique). Il passe ensuite trois ans au Congo, dans la mine d’étain de Mitawana. C’est alors, à 34 ans, que sa vie bascule, au pied du volcan Kituro en éruption. Envoûté par la splendeur du spectacle, il retrouve là tous ses démons réunis: l’esthétique, le sport et la science. «Pour restituer la beauté d’une éruption, il faudrait être un Van Gogh!», disait-il. Haroun choisit le cinéma. «J’ai été le premier à montrer des images animées de volcans», rappelait-il. La projection de son premier film, en 1949, marque le début de sa grande histoire d’amour avec le public. Deux grandes crises Conférences, films, livres et photos se succèdent. Les magazines, les salles obscures et la jeune télévision s’arrachent les «Rendez-vous du diable» de ce «docteur ès-éruption», qui ranime en Europe les études de volcanologie moribondes. Il devient en 1958 expert de l’UNESCO. Il enseigne ensuite à Paris et Bruxelles avant d’être nommé, en 1968, directeur de recherche au Centre national de recherches scientifiques. Il traverse deux grandes crises. Une polémique, en 1976, autour du volcan de la Soufrière (Guadeloupe), l’oppose à Claude Allègre, l’actuel ministre de l’Education. Puis, des démêlés avec les volcanologues siciliens l’obligent à quitter l’Institut de Catane qu’il avait créé, au pied de l’Etna. Cette indépendance d’esprit ne le quitte pas lorsqu’il devient conseiller du président Mitterrand puis maire de Mirmande (Sud-Est) et enfin secrétaire d’Etat à la prévention des risques majeurs, de 1984 à 1986. Les cabinets ministériels me sont «odieux» et je suis «heureux», dit-il, de quitter un poste de «ministre-gadget». Il «repique» cependant à la vie publique et entre au Conseil général de l’Isère en 1988, à la demande du maire de Grenoble (est) et ministre de l’Environnement Alain Carignon, dont il devient conseiller à «la sécurité collective. Deux ans plus tard, il fonde avec Brice Lalonde le parti Génération écologie, dont il s’éloignera tout en restant un défenseur de l’environnement. Après avoir démissionné du conseil régional Rhône-Alpes en janvier 95, il démissionne en novembre de la présidence du Comité des risques volcaniques, poste qu’il occupait depuis 1983. En novembre 1996, il avait publié «Volcans», «résumé» d’un demi-siècle de vie à flancs de cratères. (AFP)

Le volcanologue français Haroun Tazieff est mort lundi soir à Paris à l’âge de 83 ans. Le volcanologue est décédé dans une clinique parisienne des suites d’une maladie, a-t-on indiqué auprès de son entourage sans autre précision. Grand prêtre des volcans mais aussi saboteur de trains, agronome, écologiste, alpiniste, peintre, boxeur, rugbyman, vulgarisateur de génie et ministre...