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Actualités - Chronologie

Pour les enfants des rues, l'avenir ne passe par l'école

Le jeune Rahim se faufile entre les vieux taxis cabossés de la station d’autobus de Bagdad pour vendre des sucreries du matin au soir, et n’a pas fréquenté l’école depuis six ans. «Qu’est-ce que je ferai quand je serai grand? Je n’en sais rien. J’ai déjà grandi», dit Rahim, 13 ans, un parmi des milliers de gamins des rues qui doivent travailler en Irak pour aider leurs familles nombreuses. Sur les trottoirs et aux feux de signalisation, ils cirent les chaussures ou vendent des pommes, des cigarettes, des journaux ou des mouchoirs en papier. Plusieurs d’entre eux sont le seul soutien de leur famille, dans un pays où la malnutrition est très répandue et où les produits de première nécessité sont rationnés. Ces gamins peuvent facilement gagner plus que des diplômés d’université ou des fonctionnaires, comme les professeurs dont les salaires sont tombés à l’équivalent de trois dollars par mois à cause des sanctions imposées par l’ONU à l’Irak depuis son invasion du Koweit en 1990. Pourquoi donc se donner la peine d’étudier? «il n’y a personne dans ma famille qui puisse travailler, donc je devais quitter l’école», explique Majed, un cireur de chaussures qui a cinq sœurs et dont le père est un «martyr» tombé pendant la guerre contre l’Iran (1980-88). Il se fait payer 50 dinars irakiens (moins de 0,03 dollars) pour ses services. Majed dit n’avoir abandonné l’école que depuis trois mois mais comme les autres, il ne sait pas lire. «J’ai un bon boulot», dit en se rengorgeant Hussein, 16 ans, qui collecte des détritus en plastique pour le recyclage, une activité dont l’essor en Irak tient plus aux pénuries qu’aux préoccupations écologiques. Mais l’école manque à Hussein, qui s’est assis pour la dernière fois sur un banc de classe il y a quatre ans. Des fillettes aussi Le ministère de l’Education estime que plus d’un million d’enfants en âge d’être scolarisés, y compris ceux du Kurdistan qui échappent au pouvoir central, ont abandonné l’école, soit 20% du nombre total des écoliers qui devaient être inscrits pour l’année scolaire 1996-97. Alors que 93% des enfants irakiens fréquentaient l’école avant l’invasion du Koweit, la proportion est tombée à moins de 80%. Et même ceux qui y vont ne reçoivent plus le même niveau d’éducation qu’avant l’embargo quand l’Irak se targuait d’un taux d’alphabétisation de 90%. Outre les pénuries de livres et le manque de pupitres, les classes sont surpeuplées et les enseignants jettent l’éponge. Près de 30.000 d’entre eux ont abandonné la profession en 1996 à la recherche d’un emploi mieux rémunéré. «Notre problème a beaucoup, beaucoup d’aspects mais en premier lieu il faut se débarrasser des sanctions pour exporter du pétrole à notre guise», déclare Salim Dahiry, sous-secrétaire au ministère de l’Education. «Nous avons besoin d’argent, le problème principal c’est l’argent», répète-t-il. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) souligne que le problème des gamins des rues, notamment dans les grandes villes comme Bagdad et Mossoul au nord, est devenu «un phénomène de plus en plus inquiétant». L’UNICEF voudrait aider des centres pour les enfants des rues mais attend des fonds de pays donateurs. Les gamins des rues sont surtout des garçons de neuf ans et plus mais on voit aussi de petites filles vendre des «halwa» (sucreries) sur les trottoirs. «Auparavant, c’était une honte de devoir envoyer les enfants travailler», déclare un fonctionnaire au ministère de l’Education. L’enseignement primaire est, sur le papier, obligatoire en Irak et les parents sont passibles d’une amende et même d’une peine de prison si leurs enfants font l’école buissonnière. «Mais actuellement, il serait difficile pour les autorités d’appliquer cette loi», reconnaît-il. (AFP)
Le jeune Rahim se faufile entre les vieux taxis cabossés de la station d’autobus de Bagdad pour vendre des sucreries du matin au soir, et n’a pas fréquenté l’école depuis six ans. «Qu’est-ce que je ferai quand je serai grand? Je n’en sais rien. J’ai déjà grandi», dit Rahim, 13 ans, un parmi des milliers de gamins des rues qui doivent travailler en Irak pour aider leurs familles nombreuses. Sur les trottoirs et aux feux de signalisation, ils cirent les chaussures ou vendent des pommes, des cigarettes, des journaux ou des mouchoirs en papier. Plusieurs d’entre eux sont le seul soutien de leur famille, dans un pays où la malnutrition est très répandue et où les produits de première nécessité sont rationnés. Ces gamins peuvent facilement gagner plus que des diplômés d’université ou des fonctionnaires,...