Un intense ballet diplomatique a commencé au Proche-Orient pour tenter de désamorcer les crises potentiellement explosives provoquées par l’Irak et le blocage du processus de paix israélo-arabe. Dépêchés dans la région aussitôt après le mois de jeûne musulman du Ramadan, qui s’est achevé fin janvier, les émissaires poursuivent toutefois des objectifs différents, les Russes cherchant notamment à prévenir une frappe militaire contre l’Irak, alors que les Américains y sont favorables. Les Européens, pour leur part, tentent de relancer le processus de paix, bloqué depuis plus de 10 mois, sans toutefois se désintéresser de la crise entre l’Irak et l’ONU. Ainsi, un émissaire français de haut rang se prépare à se rendre mardi à Bagdad, a-t-on appris dimanche de sources diplomatiques concordantes à Paris. Le président français Jacques Chirac a répété samedi que les autorités françaises feraient passer un «message de la plus grande fermeté» à l’Irak afin qu’il mesure les conséquences de son refus de coopérer avec les Nations Unies. L’émissaire russe Viktor Possouvaliouk est retourné hier à Bagdad pour tenter de convaincre l’Irak de lever l’interdiction des sites «présidentiels» aux inspecteurs en armement de l’ONU. Les Etats-Unis, convaincus que l’Irak ne fera pas marche arrière, ont dépêché le secrétaire d’Etat Madeleine Albright pour rallier les pays de la région à l’option militaire et la presse américaine a annoncé une tournée à partir du 8 février du secrétaire à la Défense William Cohen. Mais le secrétaire d’Etat a semblé quelque peu assouplir sa position en relançant à Jérusalem l’option diplomatique. Mme Albright rencontrera à partir d’aujourd’hui les dirigeants du Koweit, d’Arabie Séoudite et de Bahrein. Koweit et Ryad ouvrent leurs bases à l’aviation américaine depuis la crise du Golfe en 1990, tandis que Bahrein abrite le commandement de sa cinquième flotte américaine, chargée de la surveillance aérienne et maritime de l’Irak. «Je me sens confiant, après avoir parlé avec plusieurs (dirigeants) du Golfe, dans le fait que nous aurons le soutien nécessaire pour mener à bien toutes les opérations nécessaires» contre l’Irak, a déclaré samedi M. Cohen. Dans le même temps, Mme Albright cherche à relancer, sans grand succès jusque-là, le processus de paix israélo-palestinien. Elle a rencontré dimanche en Cisjordanie le président palestinien Yasser Arafat, après avoir exposé longuement samedi à Jérusalem «des idées nouvelles» au premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. La relance du processus de paix sera, dans les prochaines semaines, au centre de plusieurs autres missions. Le numéro deux de la diplomatie britannique, Derek Fatchett, évoquera mardi au Caire «la contribution» de l’Union européenne, présidée actuellement par la Grande-Bretagne, à ce processus. Les Quinze, tout en soutenant les efforts des Etats-Unis, entendent jouer un «rôle actif» dans la relance du processus, comme l’ont affirmé le 26 janvier à Bruxelles leurs ministres des Affaires étrangères. Le président de la Commission européenne, Jacques Santer, se rendra à partir du 6 février au Caire, à Amman, Damas et Beyrouth. Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan se rendra «dans la deuxième semaine de février» en Egypte, en Israël, en Jordanie, au Liban et en Syrie. Enfin, le chef de la diplomatie suédoise Lena Hjelm-Wallén se rendra du 12 au 16 février au Liban et en Jordanie.
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