Le rapport annuel sur les droits de l’homme dans le monde rendu public en week-end par le département d’Etat donne un satisfecit à la Chine, consacre une large place aux massacres en Algérie et réagit avec prudence aux ouvertures qui ont suivi l’élection en Iran d’un nouveau président. Le rapport met aussi l’accent sur la liberté religieuse, considérée comme «un droit de l’homme universel», et sur les droits de la femme. Il montre du doigt les habituels suspects, parmi lesquels l’Irak, Cuba, la Birmanie, le Nigéria ou la Libye. Le département d’Etat constate avec satisfaction «l’élan» donné en 1997 à des «institutions internationales de justice» comme les Tribunaux de l’ONU sur les crimes de guerre au Rwanda et dans l’ex-Yougoslavie, et salue la nomination de l’ex-présidente irlandaise Mary Robinson comme Haut-commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme. Le département d’Etat a modéré cette année ses critiques, habituellement virulentes, contre le régime communiste chinois, le créditant pour avoir libéré récemment plusieurs dissidents de premier plan, dont Wei Jingsheng. Alors que le précédent rapport accusait le gouvernement chinois d’avoir muselé toute opposition, Washington estime désormais qu’il se montre «un peu plus tolérant» envers la dissidence. Après deux ans de tension autour de la question de Taïwan, la rencontre fin octobre à Washington entre les présidents Bill Clinton et Jiang Zemin a scellé la reprise du dialogue entre les deux pays. Le rapport souligne cependant que «le gouvernement (chinois) continue de commettre de nombreuses violations», dont des tortures et mauvais traitements envers des détenus et des arrestations arbitraires, et dénonce la politique «répressive» de Pékin au Tibet. Soixante-dix mille personnes ont trouvé la mort en Algérie depuis 1992, dont 6 à 7.000 pour la seule année 1997, souligne par ailleurs le rapport. Tout en dénonçant les tueries perpétrées par les «islamistes armés», il critique l’incapacité du gouvernement algérien à protéger les civils et accuse les forces de l’ordre d’avoir eu souvent la main trop lourde. Selon le rapport, «des questions se sont posées sur l’indifférence, ou la complicité, des forces de sécurité dans la mort de civils». Le département d’Etat relève certaines «améliorations» mais souligne que «les forces de sécurité ont procédé à des exécutions sommaires» et à l’arrestation arbitraire «de nombreuses personnes soupçonnées d’être liées à des groupes islamistes armés». Washington prend acte de la volonté réformatrice du nouveau président iranien Mohammed Khatami et de ses partisans et du «débat animé» qui s’est engagé à ce sujet en Iran. Mais il accuse le régime iranien de «continuer de faire peu d’efforts» pour respecter les droits de l’homme. Parmi les «violations systématiques», le rapport cite des exécutions sommaires, «l’utilisation répandue de la torture» et la discrimination envers les femmes et les minorités. En Irak, le département d’Etat «ne constate aucune amélioration» et évalue à 2.000 le nombre des opposants politiques présumés exécutés sommairement en 1997. Dans les territoires palestiniens, il note «quelques améliorations» mais souligne que «tant Israël que l’Autorité palestinienne se sont rendus coupables de graves exactions», en particulier au nom de la répression du terrorisme. Le bilan des droits de l’homme en Russie est qualifié d’«inégal», le département d’Etat s’inquiétant notamment du sort des «communautés religieuses minoritaires» dans le pays. Le rapport juge «restrictive et potentiellement discriminatoire» la loi sur la religion adoptée l’automne dernier par Moscou. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le rapport annuel sur les droits de l’homme dans le monde rendu public en week-end par le département d’Etat donne un satisfecit à la Chine, consacre une large place aux massacres en Algérie et réagit avec prudence aux ouvertures qui ont suivi l’élection en Iran d’un nouveau président. Le rapport met aussi l’accent sur la liberté religieuse, considérée comme «un droit de l’homme universel», et sur les droits de la femme. Il montre du doigt les habituels suspects, parmi lesquels l’Irak, Cuba, la Birmanie, le Nigéria ou la Libye. Le département d’Etat constate avec satisfaction «l’élan» donné en 1997 à des «institutions internationales de justice» comme les Tribunaux de l’ONU sur les crimes de guerre au Rwanda et dans l’ex-Yougoslavie, et salue la nomination de l’ex-présidente irlandaise Mary...