Au moins trois personnes ont été tuées et neuf blessées, lors des fêtes de l’Aïd (fin du jeûne de Ramadan), jeudi et vendredi, portant à 39 le nombre de personnes assassinées depuis mardi dernier, indique la presse d’Alger. En outre, 31 islamistes armés ont été tués par les forces de sécurité au cours de la même période. Une femme a été assassinée et deux hommes blessés jeudi par un groupe armé qui a dressé un faux barrage routier près de Sig, dans le département de Tlemcen (ouest algérien). Une personne a été tuée le même jour dans l’explosion d’une bombe dans un cimetière à Ouzera, près de Médéa (sud), selon la même source. En outre, deux bombes ont explosé dans un cimetière à Tiaret (sud-ouest) sans faire de victime. La fête de l’Aïd est également une occasion de rendre visite aux morts. Vendredi, une fillette de 5 ans a été tuée et sept personnes blessées par l’explosion d’une bombe dans un cimetière à Mascara (sud-ouest), selon la même source. En outre, 13 islamistes armés ont été tués jeudi dans des opérations de l’armée au cours desquelles 10 hommes ont été abattus à Baïnem, dans la périphérie ouest d’Alger et trois à Bentalha (banlieue sud-est), selon des journaux. Le quotidien «L’Authentique» donne un bilan de 15 morts dans le massacre de Ferroukha, près de Blida (sud). Les forces de sécurité avaient fourni un bilan de 13 morts dans ce massacre perpétré dans la nuit de mardi à mercredi en même temps que deux autres tueries à Djelfa et Laghouat (sud). Trente-neuf personnes ont ainsi été assassinées depuis mardi par des islamistes armés dans les régions de Djelfa, Laghouat, Blida (sud), Sig, Mascra, Tiaret (sud-ouest) 50 km au sud d’Alger, selon des bilans de presse et des forces de sécurité. Les services de sécurité avaient annoncé mercredi trois massacres à Djelfa, Laghouat et Blida, qui avaient fait au total 34 morts: douze à Sebgag (près de Laghouat), neuf à M’seka, près de Djelfa et 13 à Ferroukha, près de Blida. L’Authentique a annoncé 15 morts pour ce massacre. Dix membres d’un groupe armé ont été tués à Chenigen, dans la région de Médéa (80 km au sud d’Alger) lors d’une opération des forces de sécurité. Dans la région de Tablat, les forces de sécurité ont indiqué avoir tué un «terroriste activement recherché», cheikh Ahmed, dit «l’égorgeur». Les Algériens ont vécu leur plus sanglant mois de Ramadan depuis le début des violences à grande échelle, en 1992. Débuté le 30 décembre, le mois de jeûne, considéré comme une période propice au «djihad» (guerre sainte) par les groupes armés, a été ensanglanté par plusieurs massacres de villageois, accompagnés d’actes de barbarie, principalement dans l’ouest et la Mitidja. Ces massacres ont fait plusieurs centaines de morts, peut-être plus d’un millier, selon certaines estimations non-confirmées. Plusieurs attentats à la bombe ont été également perpétrés à Alger, Blida, Aïn Defla et Sétif, jusque-là épargnée par la violence, faisant près d’une trentaine de morts, dont cinq poseurs de bombes. Plusieurs autres attentats ont été déjoués grâce à la vigilance des habitants. Selon une estimation du département d’Etat américain, les violences en Algérie ont fait 70.000 morts depuis 1992, dont 6.000 à 7.000 pour la seule année 1997. Le chef du gouvernement algérien, Ahmed Ouyahia, a annoncé de son côté un bilan de 26.536 morts pour la même période. Le chiffre comprend les civils assassinés par les groupes armés islamistes et les membres des forces de sécurité. (AFP)
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