Le président Bill Clinton a estimé que la crise financière en Asie aura un impact négatif sur les économies mondiales y compris celle des Etats-Unis. Les pays de cette région «sont nos clients» et si «l’Asie sombre dans une récession, ils ne seront plus en mesure d’acheter les produits que nous leur vendons», a dit le président dans son discours. Il a profité de cette occasion pour lancer un appel au Congrès pour qu’il vote les ressources supplémentaires destinées au Fonds monétaire international (FMI) et sur lesquelles les Etats-Unis se sont engagés. «Notre politique est claire, aucun pays ne peut se sortir de ses problèmes sans se réformer. Mais quand les nations sont prêtes à mettre en œuvre des réformes économiques sérieuses, nous devons les y aider», a martelé M. Clinton, appelant pour cela «le Congrès à renouveler les engagements américains envers le FMI». Ces pays — la Thaïlande, l’Indonésie et la Corée du Sud — «sont nos concurrents et si leurs devises se dévaluent, les prix de leurs produits vont plonger, envahissant nos marchés et rendant la concurrence plus difficile» aux Etats-Unis, a poursuivi M. Clinton. Ces nations qui connaissent «de graves problèmes financiers» depuis ces derniers mois, sont aussi «nos partenaires stratégiques et leur stabilité renforce notre sécurité», a encore déclaré le président. L’économie américaine «reste saine et solide» et «je souhaite qu’elle demeure ainsi», a-t-il poursuivi. Pour ce faire, il «est nécessaire que l’impact négatif de la crise asiatique soit le plus faible possible car c’est la chose à faire pour un monde plus sûr» et pour «le bien de l’Amérique», a dit Bill Clinton. Son secrétaire au Trésor, Robert Rubin, avait, à plusieurs reprises depuis ces derniers jours, averti que le Congrès risquait d’aggraver la crise économique en Asie s’il n’approuve pas rapidement de nouveaux fonds pour le FMI. Une bataille difficile «Ne pas assurer ce financement poserait un problème sérieux et enverrait un sérieux signal négatif» aux investisseurs, avait-t-il mis en garde dans une interview à un quotidien américain le 19 janvier, insistant sur le facteur «confiance» et «le nécessaire leadership américain» dans cette affaire. Le président Bill Clinton réclame 18 milliards de dollars en plus pour 1998 en financement américain au FMI dont 14,5 milliards de dollars au titre de l’augmentation du capital de l’institution (quote-part) et la promesse de la Maison-Blanche de fournir jusqu’à 3,5 milliards de dollars au fonds d’emprunts mis à disposition du FMI en cas de crise urgente. Mais le Congrès, à majorité républicaine, s’est refusé pour l’instant à débloquer ces ressources. «Le FMI doit disposer de ressources financières suffisantes pour faire face à toute éventualité, même si chacun peut espérer que la crise en Asie est contenue», avait déclaré Robert Rubin. La communauté financière internationale s’est mobilisée derrière le FMI pour se porter au secours des pays d’Asie frappés par la crise en s’engageant à débloquer au total plus de 100 milliards de dollars d’aide multilatérale et bilatérale en échange de la mise en œuvre par ces pays de réformes économiques structurelles profondes pour notamment assainir leur système bancaire. Selon plusieurs projections d’économistes privés et de la Réserve fédérale américaine, la crise asiatique pourrait coûter un demi point de croissance aux Etats-Unis en 1998. John LaFalce, un représentant démocrate de New Yord, avait estimé plus tôt mardi que le vote des ressources du FMI risque d’être une bataille «difficile» au Congrès où l’aide de cette institution à ces pays fait l’objet de nombreuses critiques dans les rangs de la majorité républicaine comme dans ceux de la minorité démocrate. On craint tout d’abord que l’assistance du Fonds n’aiguise davantage la concurrence déjà grande de ces pays qui ont déjà dévalué leurs devises pour doper leurs exportations. A cela s’ajoute le sentiment d’aider les banques privées incapables d’assumer les pertes de leurs risques, ce qui créé un précédent. Enfin, les détracteurs de l’assistance du FMI affirment que certains pays bénéficiant de ces aides ne respectent pas les droits de l’homme et du travail. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président Bill Clinton a estimé que la crise financière en Asie aura un impact négatif sur les économies mondiales y compris celle des Etats-Unis. Les pays de cette région «sont nos clients» et si «l’Asie sombre dans une récession, ils ne seront plus en mesure d’acheter les produits que nous leur vendons», a dit le président dans son discours. Il a profité de cette occasion pour lancer un appel au Congrès pour qu’il vote les ressources supplémentaires destinées au Fonds monétaire international (FMI) et sur lesquelles les Etats-Unis se sont engagés. «Notre politique est claire, aucun pays ne peut se sortir de ses problèmes sans se réformer. Mais quand les nations sont prêtes à mettre en œuvre des réformes économiques sérieuses, nous devons les y aider», a martelé M. Clinton, appelant pour cela «le...