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Actualités - Chronologie

Le Monicagate, complot ou suicide politique ?

L’affaire Lewinsky serait-elle un gigantesque complot orchestré dans l’ombre par les ennemis républicains du président Clinton comme l’a suggéré son épouse Hillary? Ou est-on en train d’assister au plus grand suicide politique jamais survenu, comme semblent le penser plusieurs observateurs de la scène politique américaine? Dans un entretien diffusé par la chaîne NBC, l’épouse du président a affirmé que le procureur spécial Kenneth Starr, chargé des affaires Whitewater et Paula Jones, était «un allié des détracteurs de droite de (son) mari». «Peu de journalistes ont repris et expliqué cette (thèse). Il faut qu’elle soit maintenant révélée dans toute son ampleur au peuple américain», a-t-elle ajouté. Côté républicain, il est indéniable que certains attisent le scandale. Lucianne Goldberg en premier lieu. Cet agent littéraire de New York est une proche de Linda Tripp; la collègue de Monica Lewinsky qui a enregistré à son insu la jeune femme à l’origine du scandale. Lors de la campagne présidentielle de 1972, Lucianne Goldberg s’était introduite, au profit des républicains, dans l’avion de l’adversaire démocrate de Richard Nixon, Richard McGovern. Elle s’était alors fait passer pour une journaliste. Son intervention avait été évoquée au cours de l’enquête sur le scandale de Watergate qui avait finalement amené Nixon à la démission en juin 1974. Linda Tripp ensuite, soupçonnée par certains d’acharnement contre le président démocrate. Avant l’affaire Lewinsky, elle a déjà accusé le président démocrate d’avoir tenté de séduire une autre femme, citée à comparaître depuis lors dans le cadre de la procédure judiciaire engagée par Paula Jones pour harcèlement sexuel. Toutefois, selon certains responsables de la Maison-Blanche, Linda Tripp, en poste pendant la présidence Bush, n’était pas une partisane acharnée. Dans son combat contre Bill Clinton, Paula Jones, qui accuse le chef de l’exécutif de lui avoir fait des avances du temps où il était gouverneur de l’Arkansas, est assistée par le Rutheford Institute. Cette institution juridique de Virginie est liée au révérend Jerry Falwell, télévangéliste connu pour ses positions conservatrices et ses diatribes contre Bill Clinton. Ce pasteur baptiste, inventeur de la «Majorité moralisatrice» des Etats-Unis dans les années 80, a déclaré qu’il priait pour le président américain et sa famille. «Les révélations de ces derniers jours ont déclenché une folie dans les médias (…), mais nous devrions nous agenouiller et prier. Cela sera plus constructif que de formuler des conclusions hâtives», a-t-il expliqué. Starr dans l’œil du cyclone Kenneth Starr, ancien collaborateur des présidents républicains Ronald Reagan et George Bush, a rejeté la thèse du complot évoquée par la «First Lady», qualifiant ses accusations d’absurdités. Pourtant, selon Stephen Hess, historien, Kenneth Starr a effectivement donné au couple présidentiel «de tas de raisons» de penser qu’il était impliqué dans un complot ourdi par les conservateurs. Starr a été nommé procureur indépendant par une commission de trois juges dirigée par un juriste proche de deux sénateurs républicains de Caroline du Nord, Jesse Helms et Lauch Faircloth. Pat Robertson, un autre télévangéliste conservateur, fait partie de sa cour rapprochée et l’année dernière, Starr était à deux doigts d’accepter une chaire en droit à l’Université de Papperdine, en partie financée par Richard Mellon Scaife, un féroce opposant de Bill Clinton. Ce multi-millionnaire du monde de l’édition tente par tous les moyens de remettre en question la mort de deux collaborateurs du président: Vince Foster, un conseiller de la Maison-Blanche qui s’est suicidé en 1993 et le secrétaire au Commerce, Ron Brown, décédé dans un accident d’avion en Croatie en 1996. «Environ 15% de la population américaine peuvent être rangés dans la catégorie des personnes haïssant le président, mais cela n’explique quand même pas le scandale dans lequel est empêtré Bill Clinton», estime Stephen Hess. Le mandat de Kenneth Starr est passé de l’imbroglio politico-immobilier de l’affaire Whitewater à l’enquête sur la relation présumée entre Monica Lewinsky et Bill Clinton et plus précisément sur les allégations de subornation de témoin, que la Constitution américaine classe parmi les crimes fédéraux et qui pourrait coûter à Clinton sa présidence. Le «Washington Post», qui avait révélé le scandale du Watergate, a été de nouveau le premier à publier les accusations de la jeune stagiaire alors que la plupart des médias s’employaient encore à trouver des preuves. Et pour cette raison, certains observateurs ne croient pas une seconde à la thèse du complot, même dans le camp démocrate. «Je respecte grandement (Hillary Clinton) (...) et je pense qu’elle a été très claire. Mais on ne peut pas qualifier le «Washington Post» d’organisation conservatrice. Cela ne marchera pas», explique le sénateur démocrate du Nebraska Bob Kerrey. (Reuters)
L’affaire Lewinsky serait-elle un gigantesque complot orchestré dans l’ombre par les ennemis républicains du président Clinton comme l’a suggéré son épouse Hillary? Ou est-on en train d’assister au plus grand suicide politique jamais survenu, comme semblent le penser plusieurs observateurs de la scène politique américaine? Dans un entretien diffusé par la chaîne NBC, l’épouse du président a affirmé que le procureur spécial Kenneth Starr, chargé des affaires Whitewater et Paula Jones, était «un allié des détracteurs de droite de (son) mari». «Peu de journalistes ont repris et expliqué cette (thèse). Il faut qu’elle soit maintenant révélée dans toute son ampleur au peuple américain», a-t-elle ajouté. Côté républicain, il est indéniable que certains attisent le scandale. Lucianne Goldberg en...