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Actualités - Chronologie

L'Indonésie propose un gel temporaire de la dette privée

Confrontée à la plus grave crise économique qu’elle ait connue depuis plusieurs dizaines d’années, l’Indonésie a proposé mardi un gel temporaire du service de la dette des entreprises. Bien que le gouvernement ait insisté sur le caractère temporaire de cette mesure, affirmant qu’il ne s’agit pas d’un moratoire, les analystes s’accordent à dire que c’est effectivement le terme à employer. «Une pause momentanée dans le service de la dette en monnaies étrangères, sur les intérêts et le capital, serait nécessaire (...) pour laisser le temps de mettre sur pied de nouveaux arrangements entre les créanciers et les emprunteurs», a déclaré Radius Prawiro, qui a été chargé par le président Suharto de la gestion du dossier de la crise. «Il vaudrait mieux que cette pause débute immédiatement pour que puissent être arrêtés le plus tôt possible des arrangements sur la reprise du service de la dette», a-t-il insisté devant des journalistes. «A cet effet, une structure est mise en place pour encourager les emprunteurs à reprendre le service de la dette au plus tôt», a-t-il ajouté. Radius Prawiro a précisé que les nouvelles dispositions ne s’appliqueraient pas à la dette purement commerciale mais seulement aux crédits financiers, dont les crédits bancaires, les emprunts obligataires et le papier commercial. «La véritable dette commerciale n’entrera pas dans ce cadre et son service continuera d’être assuré dans la mesure du possible, a-t-il indiqué. Il est souhaitable également que les banques rétablissent les lignes de crédit pour permettre à l’économie de tourner dans une situation aussi proche que possible de la normale». Si la roupie a immédiatement bien réagi à l’annonce de ces dispositions, passant de 12.500/13.500 par dollar à 12.000/13.000, les analystes ont en revanche affiché une certaine circonspection. Parmi eux, Callum Henderson, de MMS International Hong Kong, a observé: «Techniquement, de nombreuses entreprises étaient de tout façon dans une situation de moratoire, dans la mesure où elles ont cessé d’assurer le service de leur dette. Pratiquement, cela ne fait aucune différence, mais il est évident que cela aura un très gros effet (négatif)». Et cet analyste d’ajouter: «La première réaction sera des exclamations de «Oh mon Dieu!» puis cela se calmera après un jour ou deux et l’on réalisera alors que cela ne change rien à la situation antérieure». Courtoisie et coopération Marshall Mays, du Nikko Research Centre à Hong Kong, note quant à lui que, devant l’obstination des banquiers internationaux, les Indonésiens ont réagi aussi vite qu’ils le pouvaient. Selon lui, la décision de Djakarta va envenimer les choses: «Cela change la nature de la discussion qui avait été jusque-là marquée par la courtoisie et l’esprit de coopération. Maintenant aucune des parties ne se montre prête à coopérer». L’ampleur de la dette des entreprises d’Indonésie auprès de l’étranger, estimée à 66 milliards de dollars sur une dette extérieure globale de 140 milliards, risque de faire écrouler l’économie du pays. L’Indonésie occupe le quatrième rang de la planète en termes de population. Des analystes estiment maintenant que, compte tenu de la chute de quelque 80% de la roupie contre le dollar depuis juillet, les entreprises sont virtuellement dans l’impossibilité de rembourser leurs dettes, alors même que les banques rencontrent des difficultés croissantes en raison de l’accroissement des créances devenues improductives. Radius Prawiro a précisé que la Standard Chartered Bank et l’Union Bank of Switzerland (UBS) avaient accepté de constituer un comité directeur des créanciers et que les négociations avec les emprunteurs débuteraient la semaine prochaine, après la fin du Ramadan. Il a par ailleurs affirmé qu’il n’étaient pas question que l’Etat intervienne dans ce dossier pour des financements directs ou pour l’octroi de garanties. Pen Kent, un ancien administrateur de la Banque d’Angleterre qui assiste Radius Prawiro, a dit avoir déjà eu des discussions avec des créanciers dans la journée de mardi. Il a précisé que l’on ne pouvait pas employer le terme de moratoire dans la mesure où toutes les entreprises ne reprendraient pas le service de la dette en même temps, certaines étant même susceptibles de le faire avant même que le comité directeur ait fini de collecter toutes les données nécessaires, ce qui pourrait lui prendre jusqu’à trois mois. (Reuters)
Confrontée à la plus grave crise économique qu’elle ait connue depuis plusieurs dizaines d’années, l’Indonésie a proposé mardi un gel temporaire du service de la dette des entreprises. Bien que le gouvernement ait insisté sur le caractère temporaire de cette mesure, affirmant qu’il ne s’agit pas d’un moratoire, les analystes s’accordent à dire que c’est effectivement le terme à employer. «Une pause momentanée dans le service de la dette en monnaies étrangères, sur les intérêts et le capital, serait nécessaire (...) pour laisser le temps de mettre sur pied de nouveaux arrangements entre les créanciers et les emprunteurs», a déclaré Radius Prawiro, qui a été chargé par le président Suharto de la gestion du dossier de la crise. «Il vaudrait mieux que cette pause débute immédiatement pour que...