Le Congrès américain affiche son soutien à Bill Clinton, le président confronté à la menace irakienne, mais pas à Bill Clinton, l’homme des scandales sexuels présumés. Républicains et démocrates «soutiendront toute mesure nécessaire» pour empêcher l’Irak d’obtenir des armes de destruction massive, a affirmé Newt Gingrich, président (speaker) de la Chambre, alors que Washington envisage une action militaire contre Bagdad en raison de son refus d’autoriser les inspections de l’ONU. «Je crains que (le leader irakien) Saddam Hussein (...) ne confonde les titres des journaux avec la volonté américaine», a ajouté le leader républicain, faisant allusion aux attaques de la presse contre Bill Clinton, soupçonné d’avoir menti sur une liaison sexuelle avec une jeune stagiaire à la Maison-Blanche. «Il est très important que le monde comprenne qu’en politique étrangère, les Etats-Unis ne forment qu’une seule nation», a-t-il affirmé lors d’un point de presse à la veille de la rentrée parlementaire. Le dirigeant irakien «ne devrait prendre aucune décision en pensant que nous sommes affaiblis, incertains ou que nous avons peur d’agir», a-t-il ajouté. Newt Gingrich s’est refusé au moindre commentaire sur les accusations contre M. Clinton. «Demain soir (mardi), nous recevrons le président en tant que président des Etats-Unis», a-t-il simplement souligné. Malaise Bob Barr, représentant républicain de Georgie et adversaire acharné du président dont il réclame depuis des mois la destitution, a estimé que la réception accordée par le Congrès au président mardi soir serait «moins enthousiaste» que d’habitude. Mais «je ne pense pas que qui que ce soit fasse preuve d’un manque de respect» envers le chef de l’Etat, a-t-il ajouté dans une interview à la chaîne CNN. Un représentant démocrate du Texas, Charles Stenholm, affichait pour sa part son malaise face aux accusations contre le président. «Comment voulez-vous que je sache à l’avance comment il sera reçu demain soir» au Congrès, a-t-il lâché lors d’une conférence de presse. Et d’ajouter: «Ce que disent les gens (au Texas), c’est qu’il faut laisser les questions juridiques suivre leur cours». Une enquête officielle a été ouverte pour déterminer si le président a menti, ce qui pourrait entraîner sa destitution. Un débat sur sa succession éventuelle est «prématuré», a estimé pour sa part Don Nickles, adjoint au chef de file de la majorité républicaine au Sénat. «Nous avons beaucoup de travail à faire quoi qu’il se passe à la Maison-Blanche», a affirmé le sénateur de l’Oklahoma. Le vice-président Al Gore a réaffirmé pour sa part «sa confiance absolue» au président lors d’une réunion au Congrès lundi avec des représentants démocrates, selon l’un d’entre eux. Mais la question des accusations contre Bill Clinton «a tout juste été effleurée», a ajouté Jim Moran, un représentant de Virginie. Un seul représentant démocrate, John Lewis de Georgie, avait estimé nécessaire de publier ce week-end un communiqué dénonçant «la précipitation des médias à juger» le président. (AFP)
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