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Actualités - Chronologie

L'offre de Pekin sur des négociations avec Taipei fait long feu

L’offre de négociations faite lundi par le chef de la diplomatie chinoise en direction de Taïwan ne comporte aucun élément nouveau susceptible de débloquer l’impasse politique entre l’île et le continent, ont estimé hier les analystes. Dans les milieux diplomatiques, certains s’interrogent même sur la volonté réelle de part et d’autre du détroit de Formose d’ouvrir des discussions pouvant mener à terme à une réunification. Dans un discours prononcé à l’occasion du Nouvel An chinois, fêté aujourd’hui, Qian Qichen a pour la première fois depuis trois ans appelé les autorités de Taïwan à ouvrir des discussions pour réunifier l’île au continent. Reprenant le plan en huit points formulé en janvier 1995 par le président chinois Jiang Zemin, M. Qian a réitéré que Taipei doit auparavant reconnaître l’existence d’une seule Chine, sans pour autant, comme l’a expliqué à la presse Tang Shubei, le principal négociateur avec Taïwan, que l’île soit forcée de reconnaître le régime communiste de Pékin. Dans ce contexte où chaque mot est soupesé et disséqué, les déclarations de M. Tang, qui n’ont pas été reprises dans les articles publiés hier dans les journaux en chinois — à l’exception de l’édition du Quotidien du Peuple destinée à l’outre-mer — ont semblé marquer un assouplissement de la position de Pékin. Mais les autorités taïwanaises ne s’y sont pas laissées prendre et ont immédiatement rejeté l’offre, en affirmant que la position de Pékin n’avait pas bougé d’un iota. Taipei réclame davantage de souplesse de la part de la Chine et notamment la reconnaissance par Pékin de l’existence du gouvernement nationaliste comme une entité politique. «Notre gouvernement est très clair sur le prétendu principe d’une seule Chine. Cela signifie que la Chine est actuellement gouvernée séparément par deux entités politiques», a dit Sheu Ke-sheng, président du Conseil des Affaires du Continent (MAC). «Une province en rébellion» Taïwan, où s’étaient réfugiés les nationalistes chinois après leur défaite face aux communistes de Mao Tsétoung en 1949, se considère comme représentant légal de la Chine et entretient des relations diplomatiques avec une trentaine d’Etats étrangers. Pékin considère l’île comme une province en rébellion lui appartenant. Dans les milieux diplomatiques, on souligne que la position exprimée par M. Tang, vice-président de l’Association (semi-officielle) pour les relations à travers le détroit, est «une position habituelle, rarement exprimée devant la presse, mais bien connue de la partie taïwanaise». «En privé, les responsables chinois admettent que la Chine est pour l’instant divisée, et que la question des rapports entre Pékin, Taipei et les provinces ne pourra être abordée qu’une fois l’île réunifiée au continent», a commenté un diplomate occidental. «Taïwan dit de son côté à peu près la même chose, et tout serait parfait pour Pékin si les responsables taïwanais ne s’occupaient que de gouverner l’île, sans chercher à obtenir une reconnaissance internationale, a-t-il poursuivi. Car contrairement à ce qui se passait autrefois pour les deux Allemagnes ou ce qui se passe aujourd’hui entre les deux Corées, le régime communiste refuse catégoriquement de reconnaître l’existence de deux entités politiques chinoises et dénie à Taipei le droit d’avoir une place sur la scène internationale». La rigidité observée de part et d’autre du détroit ne laisse pas augurer un déblocage rapide de l’impasse, estiment les analystes. «On peut s’interroger sur la volonté réelle des deux parties d’ouvrir un dialogue politique», a cependant estimé un autre diplomate. «Le régime communiste a récupéré Hong Kong et héritera de Macao fin 1999. Le registre nationaliste étant encore le seul sur lequel il peut rassembler les Chinois, le parti continue pour des raisons de politique intérieure d’envoyer des signaux en direction de Taïwan, a-t-il souligné. «Mais il se satisfait probablement du statu quo actuel, qui n’empêche pas les investissements taïwanais de contribuer largement au développement économique du continent». A Taipei, un sondage officiel a révélé hier que 80% des Taïwanais se contentaient de l’état actuel des relations entre l’île et le continent. (AFP)
L’offre de négociations faite lundi par le chef de la diplomatie chinoise en direction de Taïwan ne comporte aucun élément nouveau susceptible de débloquer l’impasse politique entre l’île et le continent, ont estimé hier les analystes. Dans les milieux diplomatiques, certains s’interrogent même sur la volonté réelle de part et d’autre du détroit de Formose d’ouvrir des discussions pouvant mener à terme à une réunification. Dans un discours prononcé à l’occasion du Nouvel An chinois, fêté aujourd’hui, Qian Qichen a pour la première fois depuis trois ans appelé les autorités de Taïwan à ouvrir des discussions pour réunifier l’île au continent. Reprenant le plan en huit points formulé en janvier 1995 par le président chinois Jiang Zemin, M. Qian a réitéré que Taipei doit auparavant...