Le groupe armé qui a attaqué le week-end dernier un hameau près de Frenda (sud-ouest algérien), faisant au moins vingt morts, s’est acharné au couteau et à la hache contre ses victimes, égorgeant plusieurs enfants, selon les récits publiés par la presse privée. Le quotidien pro-gouvernemental «L’Authentique» fait état d’un bilan de 27 morts. Les services de sécurité avaient annoncé que la tuerie, à Haouch (ferme) Mécharef près de Frenda (250 km au sud-ouest d’Alger), avait fait 20 morts et 4 blessés. Le groupe armé a attaqué, dans la nuit de samedi à dimanche, des hameaux pauvres. Le journaliste d’«el-Watan» raconte sa visite à la morgue: «Parmi les dépouilles, celle d’un enfant âgé de trois mois à peine, la gorge tranchée, le visage encore souriant. A côté, celle d’une femme enceinte de plusieurs mois et de sa fille de dix ans. Plus loin encore, le corps d’une autre fillette de deux ans à peine». «Un rescapé raconte qu’une femme suppliait d’épargner son bébé qui n’avait que sept mois, mais en vain», raconte «Le Matin». «Il a été égorgé devant le regard terrifié de la maman, qui elle aussi a été tuée sur place». Les services de sécurité, prévenus par un habitant, ont découvert en arrivant les corps, dont celui d’une femme de 70 ans, gisant dans le sang. «Les visages sont défigurés par les haches des assaillants», raconte «Liberté». Une victime tuée à la hache a été retrouvée avec une touffe de cheveux dans sa main crispée, laissant penser qu’elle s’est débattue dans les bras de ses tueurs. Le groupe armé a pillé les lieux et abandonné des vêtements «usés jusqu’à la corde et terriblement puants» pour emporter les effets personnels des victimes. Un rescapé a décrit les assaillants — «une vingtaine» — comme portant des «cheveux sales et longs et des barbes hirsutes». «Je me suis débattu, l’un d’eux m’assène un coup de hache. Me voyant à terre ils m’ont laissé pensant que j’étais déjà sans vie», a raconté un blessé. Le ministre de l’Intérieur, Mostefa Benmansour, s’est rendu sur place, et il a exhorté les habitants à prendre des armes pour assurer leur défense, ont indiqué des journaux. Les enfants torturés à mort Dans la même région, une famille de huit personnes avait été massacrée. Selon «La Tribune», quatre enfants avaient été torturés à mort — jambes et bras coupés, yeux arrachés — devant leurs parents. A Berrouaghia (100 km au sud d’Alger), deux personnes ont été tuées. Un homme a été retrouvé égorgé après avoir été enlevé. Son cadavre a été piégé et un «patriote» (civil armé) a été mortellement blessé en le bougeant. Plusieurs quotidiens rapportent aussi que deux poseurs de bombes ont été tués par l’explosion de leur engin à Blida (50 km au sud). Deux autres bombes ont été désamorcées près d’un hôpital et d’une mosquée. Au moins trois poseurs de bombes avaient déjà été tués par l’explosion de leurs engins à Alger en fin de semaine. Le bilan d’un attentat à Sétif (250 km au sud-est) s’est d’autre part alourdi, atteignant 7 morts après le décès de 3 blessés, selon «el-Watan». Depuis plusieurs jours, les groupes armés multiplient les tentatives d’attentats à la bombe, à Alger et dans plusieurs villes, avec des engins artisanaux. En une semaine, près de 30 personnes ont été tuées, dont au moins cinq poseurs de bombes. De nombreux engins ont été repérés par les habitants et désamorcés, permettant d’éviter un bilan plus lourd. «Le Matin» avançait trois hypothèses pour expliquer l’impact limité de cette offensive, par rapport à la dévastatrice campagne d’attentats à la voiture piégée du Ramadan 1997 (des dizaines de morts dans Alger): «l’extrême vigilance des citoyens, l’impressionnant dispositif sécuritaire et les difficultés de recrutement des groupes terroristes», contraints de faire appel à des poseurs de bombes inexpérimentés. «Les terroristes n’ont plus le matériel nécessaire» à la fabrication de bombes puissantes, poursuit Le Matin, après le récent démantèlement de réseaux et d’ateliers. Les quotidiens appellent à la vigilance, en prévision de la fête de l’Aïd el-Fitr qui marquera la fin du Ramadan. Les mesures de sécurité et les fouilles, notamment, sont encore renforcées dans les gares routières et ferroviaires, face à l’afflux des voyageurs. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le groupe armé qui a attaqué le week-end dernier un hameau près de Frenda (sud-ouest algérien), faisant au moins vingt morts, s’est acharné au couteau et à la hache contre ses victimes, égorgeant plusieurs enfants, selon les récits publiés par la presse privée. Le quotidien pro-gouvernemental «L’Authentique» fait état d’un bilan de 27 morts. Les services de sécurité avaient annoncé que la tuerie, à Haouch (ferme) Mécharef près de Frenda (250 km au sud-ouest d’Alger), avait fait 20 morts et 4 blessés. Le groupe armé a attaqué, dans la nuit de samedi à dimanche, des hameaux pauvres. Le journaliste d’«el-Watan» raconte sa visite à la morgue: «Parmi les dépouilles, celle d’un enfant âgé de trois mois à peine, la gorge tranchée, le visage encore souriant. A côté, celle d’une femme enceinte de...