Le Conseil supérieur des antiquités (CSA) égyptien a autorisé une équipe égypto-grecque à entamer de nouvelles fouilles pour tenter de retrouver la tombe d’Alexandre le Grand, à Alexandrie (Nord). «Nous avons accepté la semaine dernière la requête présentée par M. Fawzi el-Fakharani d’effectuer des recherches pour retrouver la tombe du conquérant dans un cimetière connu pour contenir des sépultures de l’époque ptolémaïque» (323 à 30 av. J.-C.), a déclaré hier M. Mohammad el-Saghir, directeur des antiquités au CSA. «Il croit qu’il va pouvoir trouver la tombe d’Alexandre le Grand, mort en 323 av. J.-C. et nous voulons lui donner cette chance», a-t-il ajouté. La trace de la tombe a disparu au 4e siècle ap. J.-C. «Cela fait 20 ans que j’attendais ce jour», a déclaré M. Fakharani, professeur d’égyptologie à l’université d’Alexandrie, ville fondée par Alexandre le Grand en 332 avant notre ère. Joint par téléphone depuis Le Caire, M. Fakharani a exprimé l’espoir de pouvoir commencer en mars ses recherches dans le quartier de Bab Charqui, où sont situés des cimetières catholiques-grecs et orthodoxes. Il a précisé qu’il serait assisté de 20 chercheurs, dont 10 experts en géophysique des universités d’Athènes et de Patras (Grèce), qui vont examiner le sol avec des sondes ultra-sophistiquées. Le chercheur égyptien a publié dans les années soixante une étude selon laquelle un «roi macédonien, probablement Alexandre le Grand, est enterré dans le cimetière de Bab Charqui». Il a précisé tirer cette conclusion d’une série de découvertes, de manuscrits et de cartes et notamment des œuvres de deux auteurs de la Grèce antique, Strabon et Achille Tatius, «qui ont vu la tombe». La tombe, richement décorée d’un habitant d’Alexandrie, avait été trouvée dans ce cimetière en 1904 et restaurée en 1936 par le dernier directeur italien du musée gréco-romain d’Alexandrie, M. Achille Adriani (1932-1954). «A l’époque, Adriani avait estimé que la tombe appartenait à un Grec du 3e siècle av. J.-C., et la tombe présente de nombreux caractères d’origine macédonienne», la région dont Alexandre le Grand était originaire, selon M. Fakharani. «La tombe en albâtre, un matériel coûteux, n’a pu appartenir qu’à un homme riche, un homme de pouvoir, donc il s’agit d’une région où étaient enterrées des personnalités importantes», a souligné M. Fakharani, selon lequel cette tombe ne serait toutefois pas celle d’Alexandre le Grand. Selon M. Jean Yves Empereur, l’archéologue français qui dirige le Centre d’études alexandrines, «la majorité de la communauté des archéologues pense que le cimetière latin est le lieu le plus probable de la tombe d’Alexandre». «C’est l’hypothèse la plus valide. Peut-être que cette 140e recherche depuis des siècles sera la bonne», a-t-il déclaré. En 1995, l’archéologue grecque Liana Souvaltzis avait fait la «une» des journaux en affirmant avoir trouvé la tombe d’Alexandre le Grand dans l’oasis de Siwa, près de la frontière libyenne. Cette découverte avait été démentie par une délégation scientifique grecque qui s’était rendue sur les lieux et les autorités égyptiennes avaient ordonné la suspension des fouilles en octobre 1996. (AFP)
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