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Actualités - Chronologie

Pour Fidel, un rachat à bon marché

Pour nombre d’observateurs, la visite papale à Cuba pouvait tourner à l’aigre, Jean-Paul II étant connu pour ses positions anticommunistes d’un côté, Fidel Castro représentant l’un des derniers bastions du marxisme de l’autre. Ce sont finalement politesse, courtoisie et harmonie qui ont marqué les cinq journées du pape à Cuba. Les images ont montré un Castro presque protecteur, immense dans son costume civil, offrant souvent son bras à un pape affaibli, marqué par les années et les voyages. «C’était probablement l’une des dernières grandes images du XXe siècle et ni l’un ni l’autre ne voulait trébucher», explique un photographe suivant le souverain pontife depuis des années. «Ils ont fait cela avec style et dignité», ajoute-t-il. Malgré les critiques parfois sévères du pape contre le gouvernement cubain formulées dans ses sermons, les deux hommes ont étonné les observateurs, faisant montre de politesse et même d’une certaine chaleur l’un envers l’autre lors de leurs apparitions communes. Pourtant, dans un discours-fleuve, prononcé avant l’arrivée de Jean-Paul II, Fidel Castro l’avait décrit sous les traits «d’une espèce d’ange exterminateur du socialisme, du communisme et des religions». Finalement, enthousiasmé par la visite papale, le dirigeant cubain a organisé deux autres rencontres s’ajoutant aux trois normalement prévues. «En tant qu’hôte personnel (du pape), Castro a utilisé déférence et courtoisie plus que d’ordinaire», estime Elizardo Sanchez, l’un des plus célèbres dissidents cubains. Politesse «C’est la règle d’être poli avec les visiteurs, mais je ne l’ai jamais vu aussi courtois», ajoute-t-il, précisant que cette politesse ne lui semblait en rien feinte. Un respect mutuel qui trouve ses origines, selon Sanchez, dans leur première rencontre, en 1996 au Vatican. Castro aurait alors subi un «réveil inconscient» de ses sentiments religieux, issus de son éducation jésuite, explique encore Elizardo Sanchez. «Bien sûr, Castro va pouvoir capitaliser sur cette visite, qui renforce l’image et la légitimité de son gouvernement. Mais je pense que le pape l’a réellement impressionné», conclut le dissident. Tous ne sont pas de cet avis. Au premier rang des critiques, les exilés cubains de Floride. Selon eux, Castro a cyniquement exploité les médias internationaux présents à La Havane pour suivre la visite du pape, afin de légitimer son gouvernement, assouplir son image à l’étranger et de tourner en ridicule ceux qui le qualifient de démon. «Le pape a donné à Fidel la possibilité de se racheter aux yeux de la communauté internationale et de la population cubaine, montrant qu’il n’était pas un aussi mauvais bougre», explique un sociologue cubain obligé de vendre ses tableaux dans la rue pour compléter son salaire de fonctionnaire. Pour Michaël Ranneberger, conseiller du département d’Etat chargé des Affaires cubaines, la dynamique entre les deux hommes était «fascinante». «A de nombreuses reprises, Fidel Castro a exprimé son respect et son admiration pour le pape, je n’ai aucune raison d’en douter», explique Ranneberger.«Il pense également que cela redorera son blason... Je ne pense pas que ce sera le cas». (Reuters)
Pour nombre d’observateurs, la visite papale à Cuba pouvait tourner à l’aigre, Jean-Paul II étant connu pour ses positions anticommunistes d’un côté, Fidel Castro représentant l’un des derniers bastions du marxisme de l’autre. Ce sont finalement politesse, courtoisie et harmonie qui ont marqué les cinq journées du pape à Cuba. Les images ont montré un Castro presque protecteur, immense dans son costume civil, offrant souvent son bras à un pape affaibli, marqué par les années et les voyages. «C’était probablement l’une des dernières grandes images du XXe siècle et ni l’un ni l’autre ne voulait trébucher», explique un photographe suivant le souverain pontife depuis des années. «Ils ont fait cela avec style et dignité», ajoute-t-il. Malgré les critiques parfois sévères du pape contre le ...