Légende musicale des années 20, les Comedian Harmonists, un groupe vocal acclamé jusqu’aux Etats-Unis avant d’être interdit par les nazis, reconquièrent l’Allemagne, soixante ans plus tard, grâce à la magie du cinéma. En trois semaines, un million et demi de spectateurs se sont pressés dans les salles obscures pour redécouvrir l’histoire d’un des groupes de variétés les plus célèbres de l’entre-deux-guerres, qui fut condamné à disparaître parce que trois de ses membres étaient juifs. Fondé à Berlin à la fin des années 20, l’ensemble des Comedian Harmonists — cinq chanteurs, les Allemands Erwin Bootz, Robert Biberti, Erich Collin, le Germano-Polonais Roman Cycowski, le Bulgare Ari Lechnikov, et un pianiste, l’Allemand Harry Frommermann — s’imposa dans un style a capella unique, mêlant jazz, chanson populaire, humour et frivolité. En frac, costume blanc, de matelot ou tenue d’andalou, ils firent vibrer des salles combles, d’Amsterdam à Paris, avec des mélodies qui devenaient à chaque fois autant de «tubes» à la radio, alors en plein essor. Adulés des femmes, rapidement riches et célèbres, les Comedian Harmonists inaugurèrent à leur manière l’ère des Beatles et des Rolling Stones, 30 ans avant l’heure. Leur répertoire, de «Veronika, der Lenz ist da» («Veronika, le printemps est là») à «Der Onkel Bumba aus Kalumba tanzt nur Rumba» («L’oncle Bumba de Kalumba danse que la Rumba»), chantait le flirt, l’insouciance et le plaisir, au diapason des folles nuits berlinoises. Le film, réalisé par l’Allemand Joseph Vilsmaier — avec une distribution allemande — restitue toute la nostalgie de cet âge d’or, dans un Berlin extraverti, bouillonnant de créativité, où rivalisaient cabarets, théâtres et cafés. «Les gens voulaient échapper à une situation économique accablante, pour trois ou quatre marks ils entraient dans un autre monde», raconte Joseph Vilsmaier. Dans la foulée du film, livres, disques et spectacles se sont aussi emparés du mythe des Comedian Harmonists. A Berlin, la musique du film s’arrache dans les magasins de CD. Sur le Kudamm, le grand boulevard de Berlin-Ouest, la pièce «Veronika, der Lenz ist da» affiche complet. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Légende musicale des années 20, les Comedian Harmonists, un groupe vocal acclamé jusqu’aux Etats-Unis avant d’être interdit par les nazis, reconquièrent l’Allemagne, soixante ans plus tard, grâce à la magie du cinéma. En trois semaines, un million et demi de spectateurs se sont pressés dans les salles obscures pour redécouvrir l’histoire d’un des groupes de variétés les plus célèbres de l’entre-deux-guerres, qui fut condamné à disparaître parce que trois de ses membres étaient juifs. Fondé à Berlin à la fin des années 20, l’ensemble des Comedian Harmonists — cinq chanteurs, les Allemands Erwin Bootz, Robert Biberti, Erich Collin, le Germano-Polonais Roman Cycowski, le Bulgare Ari Lechnikov, et un pianiste, l’Allemand Harry Frommermann — s’imposa dans un style a capella unique, mêlant jazz,...