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Actualités - Chronologie

La coalition Netanyahu se déchire sur la judaïté des israéliens

La coalition nationaliste-religieuse au pouvoir en Israël était en proie à une vigoureuse controverse ces dernières 24 heures à propos d’un projet de loi visant à déterminer, de façon restrictive, qui est juif ou pas. Les représentants de trois formations laïques de la coalition ont menacé de ne pas voter la loi, destinée à confirmer l’hégémonie du judaïsme orthodoxe sur les conversions en Israël au détriment des deux autres courants du judaïsme, le réformé et le conservateur. La proposition de loi, qui a suscité l’irritation de communautés juives en diaspora, notamment aux Etats-Unis, devrait ainsi avoir peu de chances de passer, à moins que le premier ministre Benjamin Netanyahu en fasse une question de confiance. Le débat a été relancé par la remise en fin de semaine dernière des conclusions d’une commission qui déclare avoir trouvé un compromis entre les trois courants de la religion juive sur cette question. Elle concerne notamment plus de 100.000 immigrants de l’ex-URSS sur un total de 700.000 arrivés depuis neuf ans en Israël, dont des milliers d’enfants de couples mixtes dont la judaïté est contestée par les orthodoxes. Les ultra-orthodoxes, influents dans la coalition de M. Netanyahu, ont rejeté le compromis et ont réaffirmé leur intention de faire passer au Parlement la loi sur les conversions. Ils accusent les deux autres courants «d’entériner le schisme au sein du peuple juif» et de faire passer pour juifs des gens qui ne sont pas convertis de façon suffisamment stricte. «Pas de compromis avec des hérétiques qui violent la loi juive!», proclamait dimanche le quotidien ultra-orthodoxe «Yated Neeman», alors que le quotidien «Hamodia» accuse les juifs réformés de créer une «nouvelle religion» à la place du judaïsme. Centres de conversions Pour leur part, des représentants de trois partis non religieux de la coalition ont soutenu le compromis et annoncé qu’ils ne voteraient pas la loi sur les conversions. «Je voterai contre une telle loi, même si le premier ministre en faisait une question de confiance», a affirmé à la radio le député Alexander Lubotzky du parti de centre-droit Troisième Voie (4 députés sur 120). «Ce serait un désastre pour le monde orthodoxe de refuser le compromis», a souligné le député, lui-même juif orthodoxe. Des représentants de deux autres formations, le parti russophone Israël Be Alya (8 députés) et le parti ultra-nationaliste Tzomet (5 sièges), ont également menacé de voter contre le projet et joindre leurs voix à celles de l’opposition travailliste. La commission, présidée par le ministre des Finances Yaakov Neeman, a proposé la création de «centres de conversions» où les trois différents courants de la religion juive prépareraient à leur façon les nouveaux convertis. Mais seuls les tribunaux rabbiniques orthodoxes pourraient valider les conversions, comme c’est la pratique depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948. Le Grand rabbinat de l’Etat, sensible aux pressions des ultra-orthodoxes, n’a pas fixé sa position et a repoussé d’une semaine au moins l’examen des conclusions de la commission, a-t-on appris auprès de cette institution. Les courants réformé et conservateur, très minoritaires en Israël mais majoritaires au sein de la communauté juive des Etats-Unis, ont donné leur appui à la proposition de compromis mais demandent toutefois, avant d’apposer leur signature à un texte, de rencontrer les deux Grands rabbins d’Israël, qui jusqu’à présent les boycottent. Les orthodoxes n’acceptent aucune déviation de la Halakha, la tradition religieuse codifiée par le Talmud, contrairement aux réformés et, dans une moindre mesure, aux conservateurs. (AFP)
La coalition nationaliste-religieuse au pouvoir en Israël était en proie à une vigoureuse controverse ces dernières 24 heures à propos d’un projet de loi visant à déterminer, de façon restrictive, qui est juif ou pas. Les représentants de trois formations laïques de la coalition ont menacé de ne pas voter la loi, destinée à confirmer l’hégémonie du judaïsme orthodoxe sur les conversions en Israël au détriment des deux autres courants du judaïsme, le réformé et le conservateur. La proposition de loi, qui a suscité l’irritation de communautés juives en diaspora, notamment aux Etats-Unis, devrait ainsi avoir peu de chances de passer, à moins que le premier ministre Benjamin Netanyahu en fasse une question de confiance. Le débat a été relancé par la remise en fin de semaine dernière des conclusions d’une...