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Actualités - Chronologie

Le secteur bancaire indonésien coupé du reste du monde

Le secteur bancaire indonésien est désormais «coupé du reste du monde» et son «encéphalogramme est plat», a estimé vendredi un diplomate européen chargé du suivi des questions économiques. «Tout est arrêté, toute notre activité est paralysée», disent plusieurs banquiers en poste en Indonésie interrogés au cours des dernières 48 heures. «Il n’y a plus un dollar qui rentre et personne ne prend une lettre de crédit pour l’Indonésie, a déclaré le responsable d’une banque française, ajoutant: «Il n’y a plus une seule ligne ouverte pour ce pays». Jusqu’au mois de juillet dernier, l’Indonésie, avec un taux de croissance économique annuel de 7%, une inflation maîtrisée et une devise nationale glissant de 3% par an en moyenne par rapport au dollar était devenue un terrain de choix pour les établissements financiers du monde entier. La dette privée s’est ainsi progressivement gonflée, assurant un argent facile et la création d’une «bulle» qui a crevé avec la crise financière commencée en Thaïlande en juillet dernier. Au 31 juillet dernier, son montant était chiffré par la Banque des règlements internationaux de Bâle (Suisse) à 58,7 milliards de dollars dont 60 pour cent remboursable d’ici un an ou moins. Avec une roupie dont la valeur par rapport au dollar est de l’ordre de 15.000, comparée à 2.450 au 1er juillet, les entreprises, comme les banques, sont aujourd’hui dans l’incapacité de faire face à leurs obligations, techniquement en faillite et le secteur financier sinistré. «Avec un tel taux, il faut vraiment avoir un bilan très fort pour rester bon», estimait récemment devant un groupe de banquiers M. Dennis de Tray, le directeur de la Banque mondiale pour l’Indonésie. Les banques européennes sont parmi les premières engagées derrière les Japonais mais loin devant les Américains et plusieurs d’entre elles, notamment françaises, ont été sanctionnées par les organismes internationaux de surveillance d’une révision à la baisse de leur crédit. «Personne ne paye plus», se plaignait de son côté le directeur d’une banque européennes depuis de longues années en Indonésie. «Nos clients nous disent: «Nous ne sommes pas payés, donc nous ne pouvons pas vous payer», a-t-il expliqué ajoutant: «Ils n’ajoutent pas encore: «Et allez vous faire voir», mais presque». Le président Suharto et son ministre des Finances derrière lui répètent officiellement que le secteur privé n’a rien à attendre de l’Etat et devra assumer lui-même ses pertes. Du point de vue des principes et de la morale, cette position est bonne, s’accorde-t-on à dire aux représentations locales des institutions financières et dans les ambassades des pays du G7, et les emprunteurs comme les prêteurs qui ont pris de mauvais risques doivent payer le prix. Mais on y ajoute aussi, en insistant sur l’anonymat, que «comme le souhaitent les banques internationales et le secteur privé indonésien, il faut faire quelque chose pour éviter l’effondrement total et la destruction du tissu économique du pays». Le remède n’est pas évident et le ministre des Finances indonésien, M. Mar’ie Muhammad, faisait remarquer cette semaine que le cas de la dette privée de l’Indonésie est plus complexe que celui de la Corée du Sud car elle n’est pas concentrée sur quelques banques mais étalée, les entreprises ayant souvent emprunté directement à l’étranger. Les statistiques de la BRI le confirment: 21% seulement de la dette indonésienne a été contractée auprès de banques et 67,7% auprès de «privés non banques». (AFP)
Le secteur bancaire indonésien est désormais «coupé du reste du monde» et son «encéphalogramme est plat», a estimé vendredi un diplomate européen chargé du suivi des questions économiques. «Tout est arrêté, toute notre activité est paralysée», disent plusieurs banquiers en poste en Indonésie interrogés au cours des dernières 48 heures. «Il n’y a plus un dollar qui rentre et personne ne prend une lettre de crédit pour l’Indonésie, a déclaré le responsable d’une banque française, ajoutant: «Il n’y a plus une seule ligne ouverte pour ce pays». Jusqu’au mois de juillet dernier, l’Indonésie, avec un taux de croissance économique annuel de 7%, une inflation maîtrisée et une devise nationale glissant de 3% par an en moyenne par rapport au dollar était devenue un terrain de choix pour les...