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Actualités - Chronologie

Greffe animal-homme : les scientifiques s'inquiètent

Des scientifiques, parmi lesquels des spécialistes des greffes, ont réclamé un moratoire sur les transplantations animal-homme, qu’ils jugent trop dangereuses. Le risque principal est que les organes d’animaux, en particulier ceux des porcs, soient porteurs de virus qui pourraient muter et provoquer des épidémies chez l’homme, disent neuf chercheurs dans une tribune publiée par les journaux «Nature» et «Nature Médecine». Cet appel intervient tandis que la Food and Drug Administration (FDA) et l’Institut national de la Santé, tiennent à Washington des audiences publiques pour tenter de déterminer une politique en matière de xénotransplantation: la greffe d’organes de tissus, ou de cellules d’une espèce vers l’autre. «Surmonter les immenses obstacles des rejets inter-espèces est bien moins à notre portée que certaines compagnies de biotechnologie voudraient que leurs actionnaires et que le public le croient. Et des essais prématurés risquent de créer de nouvelles maladies humaines et des pandémies», dit «Nature» qui a publié une grande partie des recherches en matière de xénotransplantation. Le problème de l’offre et de la demande complique le débat. Alors que les demandes de greffes augmentent de 15% par an, il n’y a tout simplement pas de quoi les satisfaire. Les scientifiques ont alors envisagé d’utiliser des organes animaux. Vers un nouveau sida? Des cochons génétiquement modifiés, dont les organes ont à peu près la même taille que ceux des hommes, avaient été présentés comme la solution idéale, d’autant qu’il est facile de les élever. Un chercheur ayant réussi à surmonter le problème du rejet des tissus, les cochons semblaient être les pourvoyeurs rêvés pour les greffes d’organes. Mais des scientifiques de l’Institut national pour la recherche médicale, à Londres, ont fait retomber les illusions l’année dernière en découvrant deux types de virus — appelés les provirus endogènes porcins — capables de contaminer les cellules humaines. Cette découverte a provoqué la peur de la propagation de nouvelles maladies chez l’homme. «La xénotransplantation promet des bénéfices substantiels à long terme, mais elle crée aussi le risque que des agents infectieux passent du donneur animal vers l’homme, contaminant non seulement le récepteur de la greffe, mais aussi toute la population», écrivent Fritz Bach et Harvey Fineberg de la Harvard Medical School à Boston. Robin Weiss, un virologue de l’Institut de recherche pour le cancer à Londres, a dit ne pas douter que le bénéfice d’une greffe pour un transplanté dépassera largement le risque encouru, mais, a-t-il ajouté, il est du devoir des microbiologistes d’alerter la société sur la possibilité de déclencher une nouvelle épidémie humaine. «Après tout, le virus HIV1 (sida) a probablement commencé avec un transfert inter-espèces», a-t-il explique. S’il ne se prononce pas clairement pour un moratoire, le virologue estime qu’il faut avancer prudemment. «La grande question est de savoir si nous voulons déclencher une nouvelle infection chez l’homme. Nous ne voulons pas d’une nouvelle épidémie de grippe du porc au lieu du poulet. Nous ne voulons pas d’un nouveau sida, qui est venu des singes. Mais comment pouvons-nous affirmer que cela arrivera? Nous disons simplement que cela pourrait se produire», a poursuivi Robin Weiss. A l’heure actuelle il n’est pas encore techniquement possible de transplanter un organe animal entier, mais des essais sont déjà effectués pour des greffes de tissus de cellules cervicales foetales chez des patients atteints de la maladie de Parkinson ainsi que des greffes de cellules pancréatiques chez des diabétiques. (Reuters)
Des scientifiques, parmi lesquels des spécialistes des greffes, ont réclamé un moratoire sur les transplantations animal-homme, qu’ils jugent trop dangereuses. Le risque principal est que les organes d’animaux, en particulier ceux des porcs, soient porteurs de virus qui pourraient muter et provoquer des épidémies chez l’homme, disent neuf chercheurs dans une tribune publiée par les journaux «Nature» et «Nature Médecine». Cet appel intervient tandis que la Food and Drug Administration (FDA) et l’Institut national de la Santé, tiennent à Washington des audiences publiques pour tenter de déterminer une politique en matière de xénotransplantation: la greffe d’organes de tissus, ou de cellules d’une espèce vers l’autre. «Surmonter les immenses obstacles des rejets inter-espèces est bien moins à notre portée...