Botha met en garde contre le risque de réveiller le tigre afrikaner
le 24 janvier 1998 à 00h00
L’ancien président sud-africain Pieter W. Botha, qui a comparu hier en justice, a mis en garde le gouvernement ANC contre le risque de «réveiller le tigre» afrikaner, et a accusé la Commission vérité et réconciliation (TRC) «d’attiser le racisme». «L’Afrique du Sud est sur une voie très dangereuse», a déclaré à la presse l’ancien président, 82 ans, à la sortie de son audience au tribunal de George (côte sud), où des poursuites judiciaires ont été engagées contre lui pour refus répété de témoigner devant la TRC. Commentant la procédure en cours, ajournée au 23 février avant un procès pour le 14 avril, P.W. Botha a réaffirmé qu’il n’a rien à se reprocher et qu’il n’avait pas à demander pardon. «Je demande pardon pour mes pêchés devant Dieu. Pourquoi devrais-je demander pardon à Mgr (Desmond) Tutu», président de la Commission Vérité, a-t-il demandé, répondant aux questions en anglais après une brève déclaration lue en afrikaans. P.W. Botha a affirmé son soutien constant à tous ceux, policiers ou militaires, «qui ont exécuté des ordres légaux de mon gouvernement dans notre lutte contre l’assaut révolutionnaire communiste contre notre pays». «Quant à attiser le racisme, la TRC est la première coupable» par ses investigations sur le passé, a accusé l’ancien chef du Parti National (NP - aujourd’hui dans l’opposition), avant de se lancer dans une longue déclaration politique. «Nous allons vers un désastre. La gestion du pays est au point mort. Les versements sociaux aux pauvres et aux personnes âgées ne sont plus distribués. Nos fermiers sont assassinés presque chaque jour. Des gens de toute extraction sont victimes de braquages, de viols, de vols. Les soupçons de corruption et de népotisme sont omniprésents», a énuméré P.W. Botha. «Et tout cela est mis sur le dos du soi-disant apartheid. Les gens raisonnables ne sont plus prêts à accepter cette excuse vide de sens», a-t-il affirmé, assurant que le gouvernement Mandela courait le risque de «réveiller le tigre qui dort en l’Afrikaner». (AFP)
L’ancien président sud-africain Pieter W. Botha, qui a comparu hier en justice, a mis en garde le gouvernement ANC contre le risque de «réveiller le tigre» afrikaner, et a accusé la Commission vérité et réconciliation (TRC) «d’attiser le racisme». «L’Afrique du Sud est sur une voie très dangereuse», a déclaré à la presse l’ancien président, 82 ans, à la sortie de son audience au tribunal de George (côte sud), où des poursuites judiciaires ont été engagées contre lui pour refus répété de témoigner devant la TRC. Commentant la procédure en cours, ajournée au 23 février avant un procès pour le 14 avril, P.W. Botha a réaffirmé qu’il n’a rien à se reprocher et qu’il n’avait pas à demander pardon. «Je demande pardon pour mes pêchés devant Dieu. Pourquoi devrais-je demander pardon à Mgr...
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