La révolte des chômeurs depuis six semaines a mis en évidence des flottements au sein de la coalition de gauche en France, où communistes et Verts continuent à apporter leur soutien à ces laissés-pour-compte, en dépit des efforts du premier ministre Lionel Jospin pour resserrer les rangs de sa majorité. Après avoir dans un tout premier temps soutenu très mollement les occupations d’édifices publics menés depuis maintenant près de six semaines par des comités d’action de chômeurs, le chef du Parti communiste Robert Hue, a apporté un appui plus net au mouvement et à ses revendications, afin de ne pas se laisser déborder sur sa gauche à l’intérieur ou à l’extérieur de son parti. Les comités d’actions ont en effet trouvé auprès de formations d’extrême-gauche et de la frange la plus dure du puissant syndicat CGT (à direction communiste) des relais efficaces pour poursuivre leurs protestations. Soucieux de maintenir une identité propre au sein de la coalition au pouvoir et d’affirmer leur droit à la différence, les Verts ont également pris fait et cause pour les chômeurs. Leur seul ministre, Dominique Voynet, a tenu à souligner, après le refus de Lionel Jospin de relever le montant des minima sociaux, ces aides financières accordées par l’Etat à 3,3 millions de Français totalement démunis,«combien le mouvement des chômeurs (lui) apparaît fondé». Le refus du chef du gouvernement, exprimé devant les députés de l’Assemblée nationale, a été accueilli dans un silence glacial par les parlementaires communistes. M. Jospin devait ensuite se livrer à de nouvelles explications, cette fois pour l’ensemble de l’opinion publique, en intervenant en direct à la télévision dans le journal du soir de la principale chaîne privée TF1. Pour le directeur de l’influent quotidien «Le Monde», Jean-Marie Colombani, la révolte des chômeurs a «fragilisé» un gouvernement qui n’avait pas senti venir cette crise et qui a mis plusieurs semaines avant de réagir. «Pour rebondir, ajoute l’éditorialiste, Lionel Jospin doit convaincre trois publics, les chômeurs, les Français et sa propre majorité». Après s’être adressé à l’opinion publique, il recevra vendredi Robert Hue pour ce qui s’annonce d’ores et déjà comme une explication très franche. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le PC se montre un allié difficile. Les députés communistes avaient déjà affiché leur différence en s’abstenant récemment lors du vote de projets de lois gouvernementaux, ceux sur la sécurité sociale, le nouveau code de la nationalité et l’immigration. Dans ses explications avec Robert Hue, Lionel Jospin ne manquera de munitions pour convaincre le chef du PC de cesser d’avoir un pied dehors et un pied au gouvernement. Les communistes tiennent en effet beaucoup à parvenir à un accord avec les socialistes sur des listes d’union de la gauche pour les élections régionales prévues dans moins de deux mois, et se voir ainsi attribuer une ou deux présidences régionales. Mais note l’éditorialiste du «Monde», «l’Union ne peut être électoralement rentable que si la majorité va bien». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La révolte des chômeurs depuis six semaines a mis en évidence des flottements au sein de la coalition de gauche en France, où communistes et Verts continuent à apporter leur soutien à ces laissés-pour-compte, en dépit des efforts du premier ministre Lionel Jospin pour resserrer les rangs de sa majorité. Après avoir dans un tout premier temps soutenu très mollement les occupations d’édifices publics menés depuis maintenant près de six semaines par des comités d’action de chômeurs, le chef du Parti communiste Robert Hue, a apporté un appui plus net au mouvement et à ses revendications, afin de ne pas se laisser déborder sur sa gauche à l’intérieur ou à l’extérieur de son parti. Les comités d’actions ont en effet trouvé auprès de formations d’extrême-gauche et de la frange la plus dure du puissant...